La princesse de nuit

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J’avais 15 ans, la première fois où je voyageai avec ma famille à une petite ville au Maroc. Une ville connue par sa basse température et sa propreté, mais la chose la plus connue dans cette ville, c’est une statue d’un lion dont je ne m’intéressais pas.
La plupart des visiteurs de cette ville passaient le jour à circuler dans les rues et entre les jardins, aller d’un restaurant à un autre, et essayer de s’intégrer dans l’ambiance qu’offre l’atmosphère de cette ville touristique. Moi, je ne m’intéressais à rien de tout cela. Je m’installais dans une chambre devant une fenêtre, je posai à côté de moi un broc de thé que j’avais préparé dès ma rentrée à la maison que nous avions loué, et je regardais mes alentours en le sirotant.
Les nuages, fameux fantômes de ciel, me tiraient l’âme et le cœur envers les montagnes de l’Atlas. Leur couleur blanche comme la neige, et leur densité, les rendaient comme des grandes couches de coton volantes. J’étais fasciné par la concordance entre la variation de leurs formes et le changement de courant d’air froide, qui touchait gentiment les nuages, les arbres, les herbes et mes petites mèches de cheveux qui dansaient à son rythme.
Dans cette ville, le courant d’air était plus fort aux premières heures du matin. La plupart des êtres humain dormaient en ce moment, ce qui donnait à la nature la liberté de s’exprimer. C’était le seul moment où j’entendais les oiseaux chanter avec une telle joie. Leurs chansons du matin étaient très spéciales. A côté d’eux, j’écoutais le claquement des feuilles qui se battaient entre eux, et à force d’être intégré dans cette ambiance, il me paraissait que les arbres étaient en train d’applaudir à cette pièce musical.
Enfin, la nuit, princesse de profondeur et de mystère au point de vue de quelques uns, et la reine de l’amour et la romance pour d’autres, arrivait avec son prestige élégant, sous sa robe noire décorée avec les étoiles brillantes. Moi, je la voyais, un temps, le lieu de l’appartenance de mon âme fatiguée, et autre temps, une fille habillée de la plus belle robe cousu des tissus de l’obscurité, ayant le visage de la lune et le souffle de l’aire froide qui sentait l’odeur des arbres de « sycamore » qui entouraient la ville. Sans s’échanger des expressions séduisantes, ni s’embrasser, ni se prendre par les mains, nous passions un bon moment chaleureux dans une atmosphère de calme, de paix et de respect. Et entre temps, je voyais la nuit un miroir reflétant l’image de mon âme dispersée.
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