La première fois

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J'aime bien être là. Et ça fait travailler mon sac de mots. Lire ici, écrire ici, c'est comme trouver un trésor. Petite précision, mon pseudo masculin pourrait prêter à confusion, mais non  [+]

Peut-être qu'aujourd'hui tu peux essayer de te souvenir de la première fois, quand tes yeux se sont directement reliés à ton esprit.
Est-ce le soleil , la lune, les yeux de ta mère que tu as découvert ? Autre chose encore ?
L'eau qui descend sur les carreaux de la fenêtre ?
Est-ce le crépitement qu'elle fait sur la toile de la poussette que tu as entendu pour la première fois, que tes oreilles se sont dressées sur ton crâne ?
Qu'as-tu vu quand tu t'es dressé sur ton lit d'enfant, pour la première fois ?
Et que tu es tombé pour la première fois, le front en avant, sur le parquet.
Presque immobile, pour une fois, comme si tu réfléchissais, dans les jupes des grandes, avec une petite grimace qui semblait évaluer l'attention bienveillante qu'on te portait, sans vouloir y croire, déjà plein de doute. A cause de la chute ?

Tu ne te souviens pas non plus !

Vivant pourtant, sans grande conscience du monde qui s'agite, qui rit, qui pleure, qui soupire de plaisir, qui meurt, déchiré, qui souffre à jamais.

Tu ne sais pas ce qui sera.

Maintenant, tu te souviens, maintenant tu sais tout. Tu viens de passer tellement de temps sur cette planète, tu connais tous les pays, tous les livres, toutes les lois du monde seulement parce que tu es d'ici.

Mais est-ce que tu te souviens de la première fleur que tu as aimée respirer ?
Je crois que tu te rappelles.
Quand ta conscience s'est éveillée portée vers ton plus beau souvenir,
la première rencontre, dans les bras de ton père, la découverte du petit carré d'eau, alimenté goutte à goutte, en sourdine, profondément, par la terre.
Avec ces minuscules herbes déployées dans l'eau si fraîche, et cette
couleur verte comme une caresse. Est-ce que c'était le printemps ?
La fin du printemps certainement, à cause de toute cette eau qui venait dans les ruisseaux.

Tu sais qui tu es maintenant. Tu es la descendance de ceux qui t'aiment, qui t'aimèrent, qui n'ont pas pu s'empêcher de t'aimer, comme si tu étais un dieu, petit vermisseau que tu as été.
Et maintenant c'est toi qui aimes, petit vermisseau, et comme tu ne sais pas qui tu aimes, en particulier, tu aimes tout le monde.

Souviens-toi encore, il y a un monde que la haine ne peut pas corrompre.

Tu sais tout, tu feras tout, petit vermisseau, pour continuer l'amour.
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