La petite fille de monsieur Linh

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Traductrice indépendante née en 1968 à Bruxelles, je ne suis pas ponctuelle pour un sou...pour plus, faut voir. J'affectionne particulièrement les chaises, les quais et les vitraux  [+]

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Monsieur Linh est courageux parce qu’il est deux. Lui et sa petite-fille Sang Diû, qu’il serre dans ses bras, fragile trésor importé de son Vietnam natal dévasté par la guerre.
Le TGV et le roman démarrent à l’heure de ma première larme.
Monsieur Linh. "Il est seul désormais à savoir qu’il s’appelle ainsi". Trop plein de solitude dans ce wagon bondé.
Sang Diû... un ange distillant des moments de grâce au fil des pages, sagement assise sur le banc à regarder fixement monsieur Linh fumer une cigarette (oui, monsieur Linh fume). Ou installée au café entre Monsieur Linh et Monsieur Bark, son ami (oui, monsieur Linh a aussi un ami).
Les rails crépitent sous les chapitres et je plonge tête baissée dans ces lignes d’exil, de solitude, de folie et d’amitié (il est charmant ce Monsieur Bark, il vient d’offrir une petite robe pour Sang Diû).
Ce n’est qu’à la toute fin, lorsque Monsieur Linh se fait renverser, que je prends conscience du pouvoir de l’espoir. Cette rampe virtuelle à laquelle se raccrocher. Ce sursaut de vie qui vous donne la force de continuer. Si pas jusqu’au bout, au moins un peu plus loin.
Je pleure à présent en coulée continue. Un Italien grisonnant me tend un paquet de Kleenex que j’inonde instantanément.
Je quitte ma place et mon voisin d’en face me lance un regard noir et sec. Le genre qui ne pleure jamais. A ses pieds, sa housse d’ordinateur entrouverte. J’y glisse La petite fille de Monsieur Linh de Philippe Claudel. On verra s’il fait encore le malin après ça.

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