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LA PENSIONNAIRE DE L'HIVER

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Tamy

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LA PENSIONNAIRE DE L'HIVER

Elle était arrivée un soir de pleine lune, il pleuvait sur le domaine et rien aux alentours ne pouvait venir déranger ce calme que l' on sentait, cette solitude marquée par cet endroit dénué de vie mis à part dans ce pensionnat où il se dégageait déjà une atmosphère chargée de sens que l' on ne voulait même si on le pouvait décriptée tellement l' on sentait l' effroi. Seul le bruit de l' automobile qui l' emmenait vint déranger ce silence; il y eu deux coups de klaxon, la portière s' ouvrit et un étrange bonshomme ouvrant la portière laissa apparaître une jeune fille, d' allure simple et au visage très agréable; puis il ouvrit le coffre et pris un petit sac qui semblait se fondre avec le reste de la tenue de la jeune fille. Puis l' automobile redemarra et tout d' abord dans un bruit étourdissant comparé à ce silence d' une étrangeté froide, elle se perdit, ce ne fut bientôt qu' une ombre dans le sentier caillouteux puis de nouveau la nuit noire et épaisse, silencieuse et inquiétante. La jeune fille monta les dizaines de marches où se dressait cette demeure d' allure hostère puis après avoir empoigné le lourd anneau qui ornait la porte d' entrée en bois sculptée et semblant pesée des siècles, elle le cogna trois fois. Une dame vint ouvrir, quelques minutes plus tard, vêtue strictement, portant des lunettes démesurément grosses et lui dit: "Entrez donc, vous étiez attendue, la directrice faisait les cents pas". Quand elle fût à l' intérieur l' éclairage modeste laissa apparaître la jeune fille dans toute sa splendeur et son petit sac invisible jusque là, se voyait maintenant laissant dépasser quelques objets bizarres tels que des peluches et des pelotes de fils mais elle réajusta ses vêtements pour se présenter à la directrice dont on lui avait indiqué le bureau. Elle cogna de nouveau trois fois et elle entendit: "Entrez"." Bonjour je suis Macumba"; après les présentations et quelques mots elle fût congédié et on lui indiqua sa chambre. Elle avait eu l' emploi du temps et comme prévu elle se présenta pour le dîner; c' est là qu' elle fit connaissance avec d' autres jeunes filles qu' elle trouvait toutes plus éteintes les unes que les autres. Le vent soufflait de plus belle dehors et dans quelques semaines la neige viendrait finir cette touche de désespoir sur ce paysage qui semblait déjà absurde. Il fallait qu' elle fasse quelque chose, elle ne pouvait pas rester ici, comme ça! Sa première nuit fût assommante tellement elle était fatiguée mais après s' être adaptée au bout d' une semaine elle décida de prendre son petit sac et de commencer ce qu' elle avait jugé bon de faire. C 'est alors qu' avec son fil et ses petites peluches ressemblant à des personnages elle cousu et recousu des formes; une des peluche semblait avoir les mains liées, une autre la bouche cousue, une autre encore les yeux faufilés... ; après cela bien des choses changèrent au sein de ce pensionnat, les jeunes filles avaient l' air joyeuses et un autre éclat se lisait sur leur visage; la directrice ne parlait plus; quand à l' intendante on ne faisait plus attention à ses grosses lunettes c' est comme si elle n' en avait plus, ses lunettes faisaient parti-intégrante de sa tête et quand elle parlait s' en était devenu presque agréable: "alors ma petite Macumba, vous qui êtes la fille d' un important émissaire, j' espère que vous ne manquez de rien, avec son air fou! "non, mais il faudrait que certaines choses changent car nous ne pouvons pas continuer comme cela"; l' air malicieux et déterminé que Macumba arborait glaçait mais personne ne parut le remarquer, ce qui était invraissemblable. De nature joyeuse et communicative elle ne se cachait pourtant pas et cet héritage qui lui était propre et qu' elle avait eu de part sa naissance la mettait dans une autre catégorie. Elle n' était pas méchante simplement arrangeante c' est pourquoi elle avait décidée de changer définitivement certaines choses. Tout d' abord, le cuisinier mourût la panse éclatée avec sa hâche à découper et toutes les jeunes filles pouvaient alors se faire à manger comme bon leur semblait, puis ce fût le tour du jardinier qui s' empala avec sa cisaille, le jardin à l' aspect mort fût très vite ronces, brousailles et verdûre, il y avait même des fleurs, qui l' aurait dit! mais le plus beau ce fût quand Macumba décousu la bouche d' une peluche voulant à présent que la directrice parle mais rien ne se passa comme il se devait et ce fût un joyeux mais macabre méli-mélo dans toute la bâtisse; sa voisine de chambre par exemple avait les yeux qui sortaient de la tête mais ça ne correspondait pas aux yeux faufilés, elle ne maîtrisait plus rien; heureusement que c' était la fin de l' hiver et qu' elle rentrerait bientôt chez elle; d' ailleurs il fallait qu' elle commence à faire attention à sa personne; elle ne pouvait plus compter sur aucune des jeunes filles; petit à petit l' effectif se reduisait jusqu'à ce fameux soir où paniquée et enfermée à double tour dans sa chambre, elle vit depuis sa fenêtre la voiture envoyée par son père; il fallait qu' elle descende et qu' elle arrive jusqu au jardin; alors laissant le peu d' affaires qu' elle avait emmenée, s' élança dans l'escalier pour atteindre l' étage inférieur et arriva devant la porte d' entrée trop lourde; déjà une fille saignant de la bouche et d' où l' on pouvait voir qu' elle s' était arrachée des dents se dirigeait vers elle; une soudaine force la propulsa à l' extérieur et dévalant encore les escaliers d' entrée s' engouffra dans la voiture et demanda au chauffeur de démarrer au plus vite, ce qu'il fit.

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