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La partie de poker

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Thorshan

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La partie bat son plein, enveloppée d’une musique techno qui ralentie le temps. Déjà deux heures qu’elle a commencée et nous nous rapprochons de la fin. Les volutes de fumée qui dégagent leurs arômes dans la pièce voilent un peu plus mon esprit tandis qu’Antoine mélange les cartes. Le poids que l’herbe pose sur moi, berce mes sens vers des songes lointain qui me font m’envoler pour quelques instants dans des contrées ou l’imagination est reine et le rêve roi. Mes pensées s’entremêlent, développant une idée tout en oubliant son origine pour s’évaporer ensuite vers d’autres perspectives.

« Tu as la grosse blinde Léo »

La voix qui m’appelle ramène lentement mon esprit brumeux au jeu en cours. Johan, à coté de moi, pose la sienne devant lui, pendant qu’Antoine distribue. As de trèfle et neuf de pique. Plutôt une bonne main. Je pose la blinde et attend. Théo est inexpressif, allongé dans son fauteuil et les doigts croisés sur son torse. Je tends ma tasse à Johan qui me sert un thé, un petit sourire au coin des lèvres. Il reprend :

« Qui d’autre veut du thé ? Il en reste un peu.
- Moi je veux bien le pétard, s’il en reste, répond Théo du fond de son assise »

Je lui tends le joint et le briquet pendant qu’Antoine regarde ses jetons pensivement. C’est lui qui possédait le moins de jetons d’entre nous quatre et si nous étions amenés à parier de grosses mises, il risquait d’être en fâcheuse posture.

« Allé ! Je suis.. dit-il, quelque peu circonspect quant à la suite.

Au tour de Théo et Johan de poser leurs jetons et trois cartes sortent du jeu. Trois de cœur. Valet de carreau. Neuf de cœur. J’essaie de ne pas montrer ma légère satisfaction à mes colocataires, et pour cacher mon humeur, je bois une gorgée de thé. Antoine a l’air dépité et fixe les cartes, les yeux dans le vague pendant que Théo fume toujours.

« Je relance de cinquante, lance Johan »

Il à l’air sur de lui et me regarde dans les yeux comme pour me défier de le suivre. Il a peu être un valet ou une paire déjà en main. Peut être un neuf comme moi et dans ce cas mon as serait le plus fort. La tension monte légèrement et, tête baissée, je me concentre sur les cartes. Trois jetons dans la main, je m’amuse à les faire tournoyer avant de me décider. Encore une seconde d’hésitation, puis :

« Je relance de cent »

Étonnés, mes adversaires me regardent perplexes.

« Sérieux ? Moi je me couche direct, s’exclame Antoine ». Il jette ses cartes près du paquet et s’étend de tout son long dans le canapé. Théo pose son joint, et, après un temps de réflexion suit. Reste Johan. Il m’observe, recherchant un signe qui lui dirait que je bluffe ou non. Je reste impassible et j’essaie de ne surtout pas sourire devant son expression interrogative. Enfin, après un temps qui me semble infinissable, il pose ses jetons devant lui.
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