La parole

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L'arbre s'enracine dans le manteau de lave.
La lave durcit pour enraciner l'arbre.
Les frères et les soeurs de l'arbre qui étend ses racines crepite de la lave.
Et les écorces se creusent de syllabes.
La parole.
La sève babille.
Les insectes fourmillent.
La parole.
La parole ruisselle des écorces ballotantes.
La parole rencontre la rosée...
La parole devient gouttelettes...
Puis murmure.
Puis la gouttelettes devient murmures d'étoiles La parole brille.
Les écorces gonflent, se tordent.
Du lichen... l'homme s'écoule. S ebroue.
De sa toison eraflée, de ses cuisses humides, il transporte des syllabes qu'il a saisies d'une main féroce, des branches lourdes de savoir caché dans des coquilles de temps.
Les coquilles qui se brisent sous les doigts rugueux et innocents ne dévoilent aucun savoir, seuls des syllabes susurées se laissent attraper.
Elles s'écoulent.
Pâturages verts.
Automne brun.
Printemps.
La parole.
Automne brun, vert printemps se mélangent.
Sur la Terre durcie la prairie s'étale, serpentée par les ruisseaux charriant du sel.
La mer.
Un cheval d'écume née de la vague.
Il court, il court porté par la dérive du vent.
Les sabots claquent dans la brise.
La parole.
La parole aime le vent.
Le vent aime le la parole.
Gonflés par cet amour la parole court, court.
Le vent ensemencé de milliers de mots court contre le flanc du cheval partageant cette suite charnelle .
Les sabots claquent, brûlent la boue.
Du ventre du vent jaillit l'orage.
Le feu.
Le feu court. Il court de son côté. ..il veut être libre. Il fuit.
De cette fuite née nait Le crie...
Rageur insaisissable le crie enlève le vent.
Dans les entrailles du vent...La parole.
Dans la brise les mots s' enfuient avant les mots.
Le feu enragé par cette fuite devient chant du monde.
Le monde devient chant du monde.
Le monde devient champs du monde.
Le murmure tapie, éclos de la faille de la plénitude du vide. Car il faut de la pénombre pour percevoirle murmure, le chuchotement des oiseaux qui chouettent, se croyant à l'abris des feuilles des arbres.
Le secret attrape les poussières de chuchotements.
Le secret fort de ce langage chuchote au vent.
Le secret fort de sa puissance chuchote au feu, qui curieux à arrêté sa course.
Le cheval court.
De cette course effrénée ruisselle la musique.
Les notes clapotent dans les jardins, dans les oasis.
S'étant concertés les oiseaux, les abeilles transportent les notes qui ceux sont endormies aux creux des fleurs.
Des notes, la parole arrondit la voyelle .
L'homme qui a arrêté sa course apprend à entendre.
L'homme entend le vent.
L'homme façonne la consonne au creux de sa paume calleuse.
Jaloux, du crépitement rageur du feu jaillit le forgeron brûlant d'acier en fusion.
Le métal de ses veines usine la consonne que lui a tendu l'homme hypnotisé.
Le métal martelé rouge sang, rouge brûlant suit les sentiers martelé par les pas de l'homme qui fuit cette étrange sorcellerie.
Le métal fusionne, serpente, rattrape l'homme.
L'homme palpitant, fiévreux rattrape le cheval.
Les mots deviennent armure.
Les mots luttent contre les maux.
Le secret glisse du fil de l'épée, gonfle son absurdité sous ces combats.
La parole.
La parole devient multiple, universelle.
La parole devient, cacophonie.
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