La nuit des noces

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Romancière un peu rêveuse, lyrique parfois mais toujours sincère. Ci-dessous vous retrouverez l'avis de sortie de mon dernier roman:  [+]

Elle demeurait immobile devant le long miroir ovale de la suite nuptiale. Elle observait son double de bas en haut. Les jeunes mariés s’étaient éclipsés de leur soirée après quelques danses, laissant leurs convives entre de bonnes mains. Emma fronçait ses sourcils en soulignant sa taille entre ses deux paumes. Son front se lissa lorsqu’elle effleura sensiblement du bout de ses doigts les broderies bordant son décolleté. À cet instant précis elle ne se trouvait pas seulement jolie, pas uniquement coquette ou gracieuse, elle se trouvait tout bonnement sublime. Elle gonfla ses poumons faisant ainsi ressortir davantage la fermeté de sa poitrine et fixât son reflet comme pour immortaliser ce moment. Elle souffla. Une vague de nostalgie la submergeait.

Et si ce jour, qui devait se terminer en apothéose, était le jour le plus beau et le plus important de sa vie, cela voudrait-il dire que son avenir serait plus sombre que son passé...

Elle pressa son index entre ses deux yeux comme pour aplanir une ride à venir...

« Mon amour... »

La voix suave de Paul la fit tressaillir.
Elle contemplait lascivement le calque de son époux qui se dessinait au fur et à mesure derrière elle. Il avait ôté sa veste. Sa chemise était déboutonnée. Elle pouvait distinguer son torse saillant, ses abdominaux dessinés sous sa peau brunie. Plus il s’approchait d’elle, plus son cœur se gorgeait de cette indécence cadencée, elle pouvait sentir l’excitation de Paul. Son souffle réchauffa sa nuque. Il se plaqua délicatement contre elle.
Leurs regards se croisèrent dans le miroir. Il l’enlaçât, ses bras forts lui étreignant la taille de sa soif charnelle et ardente. Elle souleva ses cheveux défaits puis renversa sa tête sur le côté, telle une invitation muette. Les lèvres charnues de Paul déposèrent des baisers envoûtants sur son épaule dénudée puis remontèrent peu à peu le long de son cou.

Ceci n’est pas un songe, cette part de bonheur est à nous, admit-elle en se retournant face à lui. À cette pensée à la fois suggestive et sensuelle, elle lui susurra ces mots dans le creux de l’oreille :

« Je t’aime.
- Je t’aime aussi madame Lenoble » lui répondit-il en descendant lentement la fermeture arrière de son bustier.

Elle se mordit les lèvres puis, comme attiré par un aimant, se jeta sur sa bouche entrouverte. Il dégrafa son balconnet. Elle sentit sa poitrine nue sur sa peau et bientôt des gouttes de sueur lui couler le long du dos jusqu’aux courbes voluptueuses de ses reins. Il la porta jusqu’au lit King size et acheva de la déshabiller lentement et amoureusement.
La soie glissa doucement sous ses cuisses. Le désir se faisait pressant mais Paul devait faire les choses dans les formes.
Ils n’avaient pas prévu d’assouvir de fantasmes érotiques précis en cette nuit exceptionnelle. Ils espéraient simplement que leur jouissance resterait aussi mémorable que ce qui avait précédé. Il se tint debout à côté du lit et la contempla en retirant ce qui lui restait de vêtement afin d’investir pleinement et présentement son rôle d’assidu amant. Emma croisait et décroisait ses jambes comme pour le convier à une danse lancinante, douce, calme et bestiale. Il n’avait pas besoin d’imaginer plus de préliminaires, elle le voulait maintenant en elle.

« Viens »

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