La nuit

il y a
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"Les cons ça ose tout. c'est même à ça qu'on les reconnaît. " Michel Audiard. Loin d'être un con, mais un peu quand même, je me lance à écrire, j'ose. Je ne me prend pas au sérieux. La vie  [+]

La nuit enveloppait la ville de son voile noir et les chats s’habillaient de gris.
Il émanait de la lune bien ronde, une lumière jaune pâle. Dans les rues, on voyait comme en plein jour.
Le phare, à proximité de l’hôtel, envoyait des éclats de lumière rouges, qui se reflétaient dans la chambre.

Dans la pénombre de cette alcôve, je te voyais sourire, ton visage se détendait.
A contre-jour, ton corps faisait comme une ombre chinoise projeté sur le mur de la pièce.
Nous venions de faire l’amour, j’étais nu sur le lit. Tu me chevauchais.
Tes seins d’un blanc immaculé luisaient à cause de la chaleur de nos ébats.
Je caressais tes seins fermes, leurs douceurs me faisaient penser à deux abricots.
Mes mains descendirent le long de tes hanches, je sentais sous mes doigts le frisson qui te parcourrait.
Tu t’es penchée sur moi; Tes « abricots » doux effleuraient mon visage.
Tu as caressé mes joues, passé tes mains dans mes cheveux, nos langues se mélangeaient.
Par intermittence, nos corps passaient du rouge au jaune, l’atmosphère était étrange.
J’étais bien, rien ne pouvait nous arriver, j’avais cette sensation d’être en lévitation.
Je m’abandonnais entièrement à tes caresses. Je voulais te regarder, scruter ta peau dans les moindres
détails, me repaître de toi. J’avais une faim inextinguible de ton corps, de ta beauté, de toi.
Allongé sur ce lit, j’abdiquais et tombais dans un coma doucereux.

Au petit matin, le soleil faisant place à la lune, j’ouvris les yeux et m’aperçu que tu n’étais plus à mes
côtés. Les draps chiffonnés portaient encore ton parfum, je me retrouvais seul dans cette chambre.
La tristesse m’envahissait. Le coup de blues.

Je sortis du lit, et rendis dans la salle de bain. Mon reflet dans le miroir me fît peur; J’avais le teint blafard, les traits tirés.
J’aperçus à la base de mon cou, une auréole rosée avec quatre minuscules
trous, on aurait dit quatre piqûres de moustiques. Etonnant qu’en cette période de l’année, en hivers, il puisse encore y avoir des moustiques ?
Soudain, dehors une sirène d’ambulance se fit entendre. Je regardais par la fenêtre. Le véhicule rehaussé de ses lumières bleues, roulait à vive allure, il slalomait entre les voitures en direction du phare.
Soudain, une forte douleur m’apparue dans la poitrine, comme si mon cœur était enserré entre les mâchoires d’un étau. J’avais du mal à respirer. Un temps infini s’écoula. Je pris une douche et m’habillais; Une mauvaise impression apparut dans mon cerveau.
« Et si elle s’était jetée du haut du phare ? »
Après avoir mis mes vêtements, je descendis à toute vitesse les escaliers. Malgré la faim qui me tenaillait l’estomac, je sortis rapidement de l’hôtel, et me mis à courir vers le phare.

Outre, l’ambulance, une voiture de pompier et de gendarmerie se trouvaient sur les lieux. Une foule
de badauds était agglutinée derrière un cordon mis en place pour éviter les débordements. Plus
j’avançais, plus mon impression prenait de place dans mon corps et dans mon esprit.
Arrivé au cordon, je reconnus ses habits.
Ma gorge devint sèche, j’aurais voulu crier mon désespoir, mais aucun son ne sortait de ma bouche.
Mes larmes se mirent à couler.
POURQUOI TU AS FAIT ÇA?
Sur cette île tout se sait.
Je fus interrogé.
L’enquête de gendarmerie conclut à un suicide.

Durant les semaines qui suivirent, je manquais d’appétit, dormais beaucoup, la clarté du jour me
dérangeais, je ne saurais dire pourquoi. Et une chose me frappait, seule la viande bleue me satisfaisait,
moi qui ne la mangeais que bien cuite.

Je voulais oublier cette étrange histoire; Je quittais mon appartement et je rentrais dans un bar.
Voir du monde, me fit du bien. J’avais commandé une bière et j’écoutais ce qui se disait.
Les gens parlaient de foot, du beau temps, du travail ; Ça riait aussi beaucoup. Et c’est là que je l’ai vue.
Elle était assise au bar, un verre de martini, posé devant elle.
Je lui offris un second verre et nous entamèrent une discussion. Ce fût le début de ma nouvelle
relation.
Nous revenions d’une sortie au restaurant, la lune bien ronde et brillante éclairait les rues.
Nous montâmes chez elle, et nous prîmes une douche ensemble.
Nos corps étaient brûlants, on s’enlaçait sous l’eau, on s’embrassait, nos caresses étaient très
sensuelles.
Sans même nous sécher, nous nous dirigâmes vers le lit.
Dans la pénombre de sa chambre, j’admirais son corps. Je n’étais pas insensible à ses formes.
Au milieu de la nuit, j’étais à genoux sur le lit, mes jambes de chaque cotés de son corps.
J’embrassais doucement son ventre, remontais sur ses seins où je m’attardais.
Je repris l’ascension de ce corps délectable ; Une symphonie pour les sens.
Nous faisions l’amour à perdre haleine.
Elle s’abandonnait toute entière à mes baisers. Son rythme cardiaque devenait plus lent.
Fermant les yeux, elle frémissait de plaisir et sombra dans un coma doucereux.

Sa gorge était à ma merci.
Je mordis son cou ; Mes crocs s’enfonçant sans difficulté.
Je bus son sang et lui inoculais le virus du vampire, lui laissant sur la peau une auréole rosée avec
quatre trous pas plus gros qu’une tête d’épingle.
La nuit touchait à sa fin. Il me restait une dernière chose à faire avant le lever du soleil.
Je sortis de chez elle et me projetais sous les roues d’un camion.

Au petit matin, le soleil faisant place à la lune, elle ouvrit les yeux.....
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Dranem · il y a
Les étreintes de l'amour- vampire trop bien décrites...
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M BLOT · il y a
Je découvre ce texte et j'ai apprécié. merci à vous pour cet instant de lecture
Je vous invite à lire " Le soufflet qui pleure " en finale sur ma page

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Viviane Fournier · il y a
ta façon d'écrire est simple belle .. elle dégage des images et forcément des émotions...même si on devine ! J'ai adoré le début ...
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Fabienne Liarsou · il y a
J’aime bien. Mais... il y a un mais... toujours... l’écriture est simple et très agréable à lire, ça c’est certain. Mais du coup... n’est ce pas trop enfantin ?
Sachant que je ne suis pas une spécialiste hein !....:-)

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Elisabeth Marchand · il y a
Un peu embrouillé mais bien écrit.
Vous devriez proposer vos écrits aux concours, il y a plus de lecteurs.

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Doumé76 · il y a
Bonjour Elisabeth, merci d'avoir pris le temps de m'écrire, comme je me lance, pour les concours ce n'est pas encore à l'ordre du jour, j'ai des progrès à faire et je tiendrai compte de votre remarque.
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Muriel Meunier · il y a
C'est de l'amour rouge-passion ! L'écriture de nouvelle est en toi, maintenant il va falloir t'entraîner à écrire et à mystifier le lecteur car dans cette histoire on se doute tout de suite du thème et de ce que sera la chute. Bravo en tous cas ! Bon week-end.
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Doumé76 · il y a
Bonjour Muriel, Merci pour tes félicitations, c'est un début, je ne peux que m'améliorer. je l'espère.

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