La miraculée

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Ce jour là, ce fut une matinée de moult peines que je n’ai jamais vécue. Et je ne la vivrai plus jamais. Je sentais en moi un vide, un manque que j’aurais bien voulu combler, mais comment y aboutir ? Alors je décidai de faire un petit tour à la ville, me balader sur la sableuse plage de Bellifornia. Revenir de par les magnifiques allés d’arbres qui conduisaient à ma porte. Ces allés, ce sont les véritables couloirs de mystères qui ont constitué mon enfance, autrefois lorsque nous allâmes chercher des nids d’oiseaux. Les voici aujourd’hui encore qui jouent un rôle de catharsis puisque je crois que la nature dispose de tout pour consolider notre bien-être et guérir nos blessures, nos flétrissures, nos haines et nos peines, de même que nos plaies les plus intérieures. Elle dispose de tout pour combler nos riens. Pour cela je me laisserai toujours comblée par la divine grâce qui dans la nature abonde.
C’est ainsi que je partis pour Bellifornia. J’y passai presque toute la matinée. Au moment où je constatai que le soleil faisait lentement son ascension haut dans le ciel, je revins dans ma demeure par les allés. Sur mon chemin de retour, la ville n'eût plus le même visage qu’auparavant. Tout était splendide que jamais je l’avais remarqué. En moi, je sentais cette fois-ci du réconfort, le stress matinal, je crois, avait plié ses bagages.
En réalité puisque je ne devrais pas le taire, tout pour moi allait à merveille. À part les cours à l’université, sortir ensemble avec mes amis, aller à la bibliothèque, regarder des séries télévisées étaient aussi des choses qui faisaient mon bonheur. Malgré que mes études de droit ne me laissaient pas assez de temps, je trouvais toujours un peu de plaisir à être avec les autres, à me divertir. Tout était rose. Suffirait juste que je lise ou que j’entende : « Cindy, que te dit-il de faire un tour ensemble... ? », puis...
Et des mois passèrent... presque avec la même allure folle de routine.
Mais les roses n’ont pas su résister à l’usure.
Une quelconque soirée d’octobre, Marlène le jeune médecin avec qui je m’entendais si bien et dont la maison faisait face à la mienne vint chez moi au moment où j’étais assise à la devanture.
« Cindy, comment est-ce que tu te portes ? Bien, j’espère »
« Oui, je me porte bien. Merci et toi ? », répliquai-je.
« Je vais bien aussi », me répondit-il d’un air souriant.
« Tiens donc Cindy, mon hôpital organise une journée de consultation pour le dépistage du cancer du sein et j’aimerais que tu y viennes. Ne me le refuse pas ! Je sais que tu n’as peut-être pas le cancer du sein, mais il est très sage de le prévenir ».
« Tu n’as pas tort, Marlène ».
« Alors, s’il te plaît Cindy, promets le moi que tu viendras demain dès neuf heures ».
À peine lui ai-je dit : « Oui, je te le promets », qu’il ajouta : « Tu pourras aussi en parler avec tes amies, c’est gratuit ».

Alors pour lui témoigner ma reconnaissance, je lui ai remercié toute souriante. Soulagé, de son côté d’avoir remplir son devoir de médecin, Marlène me quitta tout joyeux en me souhaitant une bonne soirée.
Après que nous nous ayons pris congé l’un de l’autre, une myriade de questions me traversa l’esprit. Par quel mystère m'aurait-il doigtée ? Certes, je sentais une malaise au niveau d’un mamelon droit, en plus d’une rougeur mais je me suis dit que cela pouvait être dû à la température un peu élevée ces derniers jours. Le cancer, je n’y pensais toutefois pas, pas une seule seconde. Ou bien ressemblais-je à quelqu'une qui souffrirait de quelque chose ? De toutes les façons, je me rendrai à la consultation demain. Mais bon Dieu, que le mal m’enjambe sans m’atteindre !
La nuit pour moi fut très longue puis enfin le jour suivant je me rendis à l’hôpital comme Marlène me le recommanda à la veille. Dès huit heures j’étais déjà présente sur les lieux. Les premiers accueils furent chaleureux. Une infirmière vint parler avec moi mais je ne me souviens plus du reste de notre conversation ou du moins de la suite de la journée.
Tout ce dont j’ai connaissance jusqu’à ce jour est “cancer”. Puis j’entendis le docteur dire aussi quelque chose comme “ nous allons tenter de vous aider, vous apporter tout notre secours et vous opérer aussi vite que possible”. Je n’ai pu rien entendu par la suite. Ainsi pour moi débuta le calvaire.
Le jour d’après, était pour moi comme la nuit, des mille réveils nocturnes jusqu’aux cauchemars. Tout ce que me demandais était de savoir si tout irait bien pour moi. Mais maman me réconfortait à chaque fois que je sombrais. Elle me rassurait que selon notre médecin familial, un cancer vite détecté est toujours facile à traiter. Le reste exigerait du courage de ma part.
Le lendemain je suivis la chimiothérapie comme l’aurait recommandé le médecin soignant. Tout alla bien presque jusqu’à la normale, contrairement à ce que les rumeurs m’ont faite croire.
Aujourd’hui je suis guérie, je suis une aguerrie du cancer du sein. À Marlène vont toute ma gratitude. Aujourd’hui je vis encore, dans deux semaines je fête mon vingt cinquième anniversaire. C’est alors que je pense faire quelque chose pour les autres aussi, pour des milliers de femmes qui souffrent de ce mal et dont la plupart y succombent. Je les porterai toutes dans mon cœur comme Marlène l’a fait pour moi. Ainsi, j’envisage créer une structure estudiantine ensemble avec mes camarades étudiants, celle qui œuvrera pour la lutte contre le cancer du sein, à sensibiliser les jeunes sœurs autours de la question et à assister ceux qui se sentiraient dans le besoin. Le cancer du sein est une réalité, mais vous pouvez en guérir aussi...
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