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La malhonnêteté des jeunes d’aujourd’hui

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Moribond

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Avant de commencer quoi que ce soit, il faut que vous sachiez une chose à mon sujet, je suis un peu tête en l’air. J’oublie tout et n’importe quoi, n’importe quand, mais souvent dans les pires moments, c’est plus marrant. Je suis, par exemple, le style de mec à partir en laissant les billets sur les distributeurs automatiques.
Ca m’est déjà arrivé plusieurs fois (ne me jugez pas), mais la première fois reste la plus intéressante à raconter.

Alors voilà, ça s’est passé dans une galerie commerciale un 23 ou un 24 décembre, en tout cas c’était bondé de monde. Comme un type organisé, je faisais mes courses de noël au dernier moment et comme un type organisé, j’avais oublié mon liquide chez moi. Vous vous doutez de la suite, je vais retirer de l’argent et je me barre sans la tune. Pour ma défense, ce distributeur est l’un des rare a donner le reçu avant les billets. Quand on a le ticket dans les mains on se dit : « c’est bon, c’est terminé, je peux me casser », enfin moi, je me dis ça.
Bref, je marche tranquillement dans l’allée marchande jusqu’au moment ou je réalise ma connerie et qu’une petite montée d’adrénaline me secoue les neurones. Paniqué, je vérifie toutes mes poches, au moins 20 fois en 10 secondes. Je rebrousse chemin au pas de course les yeux cloués au sol, rien. Nan mais quel con, je suis habitué depuis gamin à oublier des clefs et des trucs du genre mais là, j’ai fais fort.

C’est encore frais, avec de la chance mon blé est toujours pendu au distributeur. J’y fonce en me frayant un chemin à travers la foule.
Vous ne devinerez jamais de quoi je suis témoin à ce moment la, et oui dans le mille, un jeune délinquant se faisant la malle avec mes 50 balles. J’en ai fracassé pour moins que ca.
Je presse le pas, arrive à sa hauteur et lui agrippe épaule. Je lui fais remarqué poliment qu’il a tenté mais échoué et qu’il faut me rendre ma foutue tune.
« Wesh, il vous arrive quoi ? » répond t’il délicatement.
Je garde mon calme et répète ma phrase.
« Je viens de les retirer, reste tranquille » insiste t’il.
J’en attendais pas moins de toi, tchô-père. J’ai besoin d’opposition alors je le bouscule et j’hausse la voix. Quelques passants ralentissent et semble intéressé par le spectacle que je suis entrain d’improviser.
Il reste ,cependant, completement insensible à mes provocations, quelle déception. La racaille c’est plus ce que c’était.
« T’es malade gars, laisse moi tranquille. »
Il me tourne le dos, et, mine de rien, reprends sa route. Oh non mon pote, j’en ai pas fini avec toi. Je sors le grand jeu, la longue phrase accusatrice que j’hurle dans la galerie n’est qu’un prétexte pour introduire l’insulte ultime, celle qui me rendra mon argent durement gagné. Je reprends mon souffle et la prononce théâtralement :
« Voleur ! »
Les passants sont maintenant captivés, alors j’insiste, je leur explique de quoi je suis victime. L’autre branleur ne dit rien, il s’est arrêté et me regarde, sa fin est proche, il le sent. Je lui
promets que toute cette histoire se terminera à l’instant ou il me rendera mon argent. Contrairement à lui, je suis un homme bon et je ne veux de mal à personne. La foule nous encercle.
Un honnête père de famille prend ma défense :
« Rends-lui son argent ! »
Mon ennemi riposte :
« Qu’est-ce tu parles toi ? C’est ma tune. »
Notre brave monsieur n’en croit pas un mot, comme tout le monde. Personne ne peut imaginer un pisseux pareil accumuler une quelconque somme d’argent, légalement tout du moins. Il lui demande un éventuel reçu pour preuve.
« Vas-y, j’en prends jamais de ca »
Sans un mot, je présente le mien, j’ai gagné, les insultes pleuvent.
« Honte à toi ! » crie une marchande.
« Trouve toi un boulot ! Enculé ! » ajoute un grand père.
« Je suis sûr que c’est pour acheter de la méchante drogue toute pas belle » réagit un jeune bambin.

Le fin mot de l’histoire nous fut délivré par deux valeureux vigiles qui me rendirent mon dû et trainèrent le coupable à l’échafaud, justice était faite.
Je repartis à mes occupations en souhaitant de bonnes fêtes à ces magnifiques personnes, quel moment merveilleux.

Et peu importe si mes billets furent ravalés par le distributeur, peu importe si mon compte ne fut pas débité, ce genre de souvenir est à l’épreuve des détails.
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