La malédiction de maître Perruche

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Le détecteur de mouvements venait de se déclencher, le voyant rouge de l’alarme silencieuse venait de s’allumer, mais, sur les caméras de vidéosurveillance, il n’y avait rien ; pas un chat, pas âme qui vive. Le musée était vide, complètement vide. Des sons se laissaient pourtant entendre. L’air glacial pénétrait par les fenêtres ouvertes du premier étage. Paul, le gardien, faisait sa ronde. il vérifiait qu’aucun visiteur ne soit resté après la fermeture des portes. Il avait peur, ce n’était pas la première fois que cela arrivait. Au premier étage, au fond d’un couloir sordide se trouvait une porte, qui donnait accès aux étages supérieurs, inaccessibles au public. C’était de là que venaient les bruits. Lorsqu’il devait arpenter ces étages, une crainte le saisissait. Il se sentait épié, il avait l’impression que les tableaux, qui tapissaient les murs, l’observaient. Il lui arrivait aussi parfois d’entendre des murmures, des mots chuchotés à son oreille. Des objets se brisaient lorsqu’il passait à proximité de certains endroits précis de l’édifice, en particulier lorsqu’il s’approchait du portrait du maître Perruche, ancien propriétaire des lieux. Ces derniers temps, de nouveaux évènements survenaient. En dehors du musée, de nombreux accidents se produisaient autour de lui. Une cousine lointaine fût frappée d’un cancer fulgurant, alors que rien n’annonçait qu’une telle chose puisse se produire ; des catastrophes inattendues, telles des pluies de grenouilles ou des invasions de sauterelles ; tous ces évènements, il en était sûr étaient liés à ce qu’il vivait au musée, comme s'il était soudain frappé par une malédiction. Lorsqu’il le traversait, il entendait des pas qui le suivaient. Et, dès qu’il s’arrêtait, les bruits de pas cessaient également. D’abord lointain, les pas s’étaient progressivement rapprochés, au point de ne plus être qu’à quelques centimètres de Paul. Lui qui était censé s’occuper de la sécurité des lieux, ne parvenait pas à se raisonner quant à la réalité de ces situations. Il avait d’abord cru que son imagination lui jouait des tours, que tout cela était le fruit des égarements de son esprit. Comment de tels faits pouvaient se produire sans qu’il n’y ait d’explications tangibles ? Il en avait parlé autour de lui à quelques reprises, mais, personnes ne l’avait pris au sérieux certains riaient, d’autres le prenaient pour un fou.Il avait demandé à différents spécialistes du domaine médical ce à quoi cela pouvait être dû. Mais, devant les craintes qu’avaient suscitait son récit, il avait fini par ne plus en parler. Le gong de la grosse horloge retentit à l’entrée du musée. Il était minuit passé de douze minutes. Soudain, une ombre surgi de nulle part, traversa le couloir juste devant ses yeux. La température du musée baissa soudainement, le vieux plancher se mit à grincer, une silhouette immobile se tint devant le portrait de maître Perruche, Paul se trouvait à distance et l’observait. Au bout d’un moment qui semblait avoir duré une éternité, la silhouette qui contemplait le portrait, se tourna vers Paul, s’élança vers lui, lui traversa le corps en lui soufflant à l’oreille : « Fuis ! ».
Pris de panique et ne parvenant pas à raisonner ses peurs, Paul prit ses jambes à son cou, il traversa le musée aussi vite qu’il pu, il en sortit sans même prendre la peine de fermer la porte d’entrée, laissa tomber le trousseau de clefs dans le jardin qui entourait l’édifice, et s’éloigna le plus loin possible, sans se retourner. On n’entendit plus jamais parler de Paul le gardien du musée.
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