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La maison où je vis n'est pas celle que j'imaginais

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H_deg

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Enfant, je rêvais devant les vieilles pierres, les bâtisses à moitié écroulées et les façades qui ne tenaient qu’à un fil. Les années 1800 sinon rien ! Un peu d’histoire, du parquet qui craque, des murmures qu’on croit entendre au détour d’un trop long couloir en carreaux de ciment...

Je songeais à une maison qui me fasse frissonner à la nuit tombée. Un léger vent qui passe dans le simple vitrage et des rideaux qui se soulèvent. Une légère odeur de renfermé couplée à celle du feu de bois qui sommeille dans la cheminée. Des fauteuils dépareillés, de la vaisselle héritée, quelques toiles accrochées au mur et des recoins. La synthèse entre la maison de mes parents et celles de mes grands-parents, mais en mieux, évidemment.

Puis j’ai grandi, et j’ai trouvé la maison où je vis. Elle n’est ni trop grande, ni trop petite. Elle a le même âge que moi ou presque. A son contact, j’ai découvert qu’une demeure pouvait être apaisante. Je n’y suis jamais inquiète, même seule. Je peux aller me coucher sans craindre qu’on m’attrape les pieds. Je n’entends pas de voix. Enfant, j’avais souvent l’impression qu’on m’appelait par mon prénom. Je posais la question : « est-ce que tu m’as appelée ? Non ? Ah. J’ai cru. »

Parfois, avec la radio allumée, on avait l’impression que des gens discutaient dans le salon... Et ce parquet qui craquait aléatoirement, cette oppression quand il faisait noir...Et si tout cela n’était pas « normal » ? La solitude et la violence suintaient peut-être des murs et se diffusaient. Et si c’était pour ça ?

Aujourd’hui, je regarde les arbres danser derrière la fenêtre du bureau et je ne crains pas qu’ils s’écroulent sur le toit.
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