La maison n’avait pas bougé d’un pouce

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La maison n’avait pas bougé d’un pouce. Il y avait toujours la même haie, à peine plus grise que dans ses souvenirs. Les dalles et le gravier autour, les herbes hautes qui encerclaient la maison, la façade rose clair, la petite fenêtre pour la chambre de sa sœur à gauche, la grande à droite pour son frère, la sienne était derrière. Le soleil était encore bas, il faisait déjà jour, et bon, son t-shirt lui permettait de sentir juste la petite brise du matin. Les couleurs étaient teintées de jaune, les ombres allongées frappaient avec le calme du lieu. Pas un nuage dans le ciel bleu, rien qu’une trainée épaisse laissée par un avion. Direction l’est apparemment. Un vol intérieur ou un trajet plus long ? De là-haut, même le quartier devait paraître insignifiant. Il se résumerait à un amas de maison dans le coin d’une ville, parsemée d’îlots de verdure, un mélange de tâches vertes tâchées. Autour de lui de longs parterres verts et buissonneux le long de l’avenue, avec des arbres régulièrement disposés. Il savait avoir compté le nombre de pas, combien pouvait-il y en avoir ? 10, 20, 30 ? Deux fois plus qu’aujourd’hui au moins. Depuis l’avion on ne s’imaginerait pas ce qu’il ressentait, était-on submergé par un autre spectacle, bien plus beau, du lever de soleil à perte de vue ? Ou alors on dormait ?
Le bras encore posé sur la portière, le bruit d’une voiture au démarrage happa son attention. La porte du garage voisin s’ouvrait. Reconnaitrait-il la voiture ? De quelle couleur déjà, blanche ou grise non ? Le véhicule s’avançait. Il paru d’abord jaune pâle. Lorsqu’elle s’engagea dans l’avenue, il la vit blanche. Mais ce n’était pas le même modèle. Non, ils devaient être partis depuis longtemps eux aussi. Le calme revenu, il avança de quelques pas hésitant. Des oiseaux piaillaient, nichés dans l’arbre au-dessus de lui. Parfois l’un d’eux venait se poser, picorer l’herbe et redécollait aussitôt. Parfois, brièvement, il y avait un répis de silence. Il failli appeler le chien. Il le revoyait sur cette pelouse sur laquelle il se tenait, passer le temps avec une balle de tennis. L’herbe semblait fraiche comme lorsqu’il venait de la tondre pour quelques sous de ses parents, désireux de lui faire comprendre la notion du travail. Le soleil semblait émerger sur sa droite, venant directement frapper la plus haute partie de la maison. Il distinguait presque un début de brouillard, ce qui lui procura un léger frisson. Pour lui, tous les jours avaient été comme celui ci. Quand il avait crié devant le pas de porte « un jour vous collerez ma tête sur un album Panini ! ». Quand son père l’avait grondé dehors devant tout le monde, parce-qu’il n’avait pas fait attention sur la route. Quand il cassa la vitre de derrière pendant que sa mère caressait le chien, que s’était-il passé au juste ? Le rideau de l’entrée bougea. Quelqu’un l’avait sans doute remarqué et s’apprêtait à sortir. Il rejoigna sa voiture et fila.
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