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La maison des câlins

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Déjà Vu 21

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Dans le câlin sutra, le livre d’instruction présenté à tous les visiteurs de la maison des câlins, il est écrit dans l’introduction :
« Dieniz et Baktash avaient un sort commun qui allait lier leurs destins. A l’école, Dieniz était tout le temps victime de ‘’bullying’’ par ce qu’elle était obèse. Une obésité qu’elle tenait de ses parents. Elle en venait même à douter de sa beauté : «Qu’il y a –t-il de mal à être une fille ronde ?» demandait-elle souvent à ses parents...
A 23 ans, Dieniz décida de venir en aide à ceux qui, comme elle, étaient en proie à la cruauté de ce monde et qui avaient grandement besoin d’amour. Elle choisit de faire carrière en tant que câlineuse professionnelle. Tous ceux et toutes celles qui se sentirent déprimés, seuls, en manque d’affection se rendirent à la maison des câlins, un espace ouvert en cas de besoin dans la ville de Manchester. La journaliste Claudia Roméo fut la première à rendre populaire le métier de Dieniz. Claudia se rendit sur les lieux pour faire une investigation. Elle passa environ une heure avec Dieniz à recevoir des câlins. «C’est le client qui choisit la position dans la quelle il veut recevoir les câlins, et le nombre d’heure. Chaque heure coûte 90 euros.» fit vivement savoir Dieniz. Avant d’être câlinée, Claudia passa par une séance de relaxation basée, sur des techniques de méditation et de yoga, d’environ vingt à trente minutes. Puis elles s’installèrent dans un canapé blanc, la tête posée sur les cuisses de Dieniz qui sut apprendre à utiliser sa rondeur pour soulager la douleur des autres. Ensuite elles s’allongèrent dans un lit étendu sur le sol dans le but d’être à l’aise pour pratiquer d’autres positions décrites plus loin dans ce livre. Une séance peut durer entre une heure et six heures.
Ce même jour, de l’autre côté de la rue, Baktash, un jeune musulman était debout sur le trottoir, les yeux bandés et ayant une pancarte où chaque passant pouvait lire ceci :’’ Je suis musulman, je vous fais confiance. Et vous, me faites-vous assez confiance pour un câlin ?’’ Baktash avait pris cette initiative pour affronter publiquement les discriminations dont il a toujours été victime à cause de sa religion et aussi à cause de l’attentat de Manchester du 22 mai 2017. Les passants étaient très touchés par ce geste, et tous, hommes, femmes, écoliers, enfants, ouvriers..., s’arrêtèrent et firent la queue pour le réchauffer de câlins. Claudia et Dieniz ne pouvaient pas le croire, et Baktash encore moins, elles sortirent et lui firent des câlins qui durèrent plus de deux minutes. Il reçut plus de deux cent cinquante câlins ce jour-là.
Dieniz invita Baktash à visiter son business. Ils prirent un café ensemble, se racontèrent leurs vies et compatirent mutuellement à leur souffrance. Ce fut le début d’une belle amitié puisque Baktash est devenu câlineur professionnel et actionnaire dans la maison des câlins. Une fois chaque deux semaines, ils sortent, lui et Dieniz pour donner des ‘’free hugs’’ aux passants. Claudia publia, trois jours plus tard, un article sur cet événement dans le quotidien britannique ‘’The times’’, ce qui attira plus de clients. Ainsi fut propulsée la réputation de la maison des câlins, un métier devenu célèbre tant par sa nature étrange que par son efficacité.»
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