La main au collet

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Pour être populaire, il faut être médiocre. Egalement auteur, compositeur et interprète (Monsieur Edmond)  [+]

– Mais où il va lui ? s’exclama Zénobe Siméon Jr en se penchant par-dessus le garde-corps de son balcon, un Macchiato à la main.
Il n’était pas certain de l’avoir reconnu car un dicton dit que la nuit, tous les chats sont gris ! Mais, Zénobe avait aperçu le bout de sa queue rousse se balancer avant qu’elle ne disparaisse par la fenêtre du voisin d’en-dessous. Et, aussi saugrenu que cela puisse paraître, il pouvait l’identifier entre mille. Il posa sa tasse dans la jardinière de géraniums et décida d’aller le récupérer. Il se précipita dans sa chambre, passa rapidement un pantalon par-dessus son pyjama et balança ses pantoufles pour enfiler une paire de Birkenstock. Il était un peu furax d’être obligé de gâcher une soirée de glandouille pour ce satané chat qui, en plus, n’était pas vraiment à lui. Il fredonna dans sa tête Nicotine de Jane Birkin qui résumait plutôt bien sa situation actuelle. Elle est partie chercher des cigarettes... Puis il conclut subitement qu’il avait assez perdu de temps en vaines simagrées. Il franchit le palier et se posta devant la cage d’ascenseur au style Art Déco. Quel étage ? Sans doute le second. Après avoir ouvert la grille en fer forgé, Zénobe entra dans la cabine en bois et pressa le bouton. Pendant qu’il regardait évasivement les câbles noirs qui montaient parallèlement à sa descente, les bruits de l’immeuble lui parvenaient ; pleurs d’enfants, engueulades d’un couple, télévision etc. Il pensa que finalement c’était agréable la vie ! La vie d’un immeuble, toutes ses petites vies, ses drames, ses amours, son histoire... Arrivé à destination, il visualisa la porte qui pouvait correspondre à la fenêtre où son matou avait disparu. Il approchait son doigt de la sonnette quand la porte s’ouvrit.
– Bonsoir. Excusez-moi mais je crois que mon chat, enfin ce n’est pas vraiment le mien, est entré chez vous ? bafouilla-t-il un peu surpris.
– Vous m’avez fait peur ! grogna un vieil homme qui ressemblait à Jean Bouise dans Le Grand Bleu. Comment cela, ce n’est pas vraiment le vôtre ?
– C’est trop long à vous expliquer. Vous l’avez vu ?
– Non. Allez voir à côté. Ça pue la sardine. Ça n’m’étonnerait pas qu’il y soit, me fit-il avec des salamalecs et un clin d’œil.
La porte d’à côté avait un heurtoir en forme de lion. Il frappa. Une petite fille lui ouvrit. Elle avait dans ses bras son gros chat roux qui ronronnait d’aise.
– é seu ? lui demanda-t-elle ?
Devant son air ahuri, elle s’exprima en français.
– C’est le vôtre ? Il est content maintenant car je lui ai donné du poisson, uma sardinha !
– Tu as vraiment été très gentille, lui sourit-il. Si tu veux tu peux le garder un petit peu.
– Comment s’appelle-t-il ?
Il s’étonna de ne plus se souvenir du nom du chat. Zut ! Il pensa aux sardines.
– Curry. Il s’appelle Curry. A cause de sa couleur, improvisa-t-il bêtement.
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