La lutte de l'homme sans motivation

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L’homme marche dans un champ. Une canne tourne dans sa main. Energique, il court vers la clairière. Du bois prend feu. L’odeur de charbon se répand. Que faire se demande l’homme ? Il ne sait pas. Il ne trouve pas de quoi se motiver. Pourtant, il est dehors. Il en a eu de la volonté. Un casanier qui sort, ce n’est pas fréquent. Alors il cherche. Sa réponse n’est pas loin. Que faire ? Il tente diverses choses. Il court et gambade ; il regarde le ciel ; Le temps passe lentement et il le voit filer.

Le sport ne lui plait pas. Le reste non plus d’ailleurs. Où a bien pu passer sa motivation ? Il en a eu à l’origine. Il ne serait pas là sinon. Les interrogations le poussent à se changer les idées. Il en a marre. La réflexion l’enfonce. Un brouillard se forme dans son esprit. Pourquoi réfléchir ? Ce n’est utile que quand on veut quelque chose. Au bout du chemin, il tourne. Ce n’est pas sa décision. C’est plus simple de suivre la route. D’ailleurs, les nuages font de même. Pourquoi faire différemment des autres ? Tous ce qu’il veut, c’est faire quelque chose.

Sans prévenir, un animal étrange traverse. Surpris par l’ombre fuyante, il s’arrête. Cela ne dure qu’un temps. La longue et langoureuse réflexion s’installe. L’homme reprend sa marche. Il fait régulièrement des pauses... regarde autour de lui, puis repart. Il ne cherche rien. Il voudrait bien, mais n’a pas la volonté. Ce n’est qu’un bien éphémère après tout. En déambulant, il s’aperçoit qu’il est seul. Pourquoi ? Pourquoi personne n’est avec lui ? Ah oui. Ils avaient déjà trouvé eux. C’est dur d’être seul. Personne pour le motiver. Il n’a pas le choix. Il poursuit sa route. Il espère trouver une réponse au bout de son pèlerinage.

Il n’en a plus que pour un temps indéfini. Il ne sait pas. Il patiente, mais ne trouve pas. Pourquoi tous sont occupés, mais pas lui ? La vie n’est pas juste. Tout comme les autres, il arrive à vivre ; mais lui, ne va nul part. Il espère apercevoir une solution sur le chemin. Il cherche une lumière, mais les ombres la repoussent. Plongé dedans, il cherche une lueur, mais ne la trouve pas. Le soleil est au zénith, mais il s’ennuie. Il croise des cailloux, prend son temps, puis passe à côté. Il n’a ni la force, ni le courage de faire l’acte si téméraire de les enjamber. C’est dur un caillou. Mieux vaut être prudent. Il fait bien de garder ses habitudes. Mais quand même, que peut-il faire ?

Ses amis sont occupés eux. Si on lui donnait du travail, il le ferait. C’est un bon homme notre homme. Il veut s’en sortir. Il veut trouver une occupation. C’est vrai qu’il y pense avec attention.

C’est alors qu’il voit un tronc allongé sur la route. Il songe et pense ou pense et songe. Peut-être même qu’il ne fait rien. Ses yeux sans motivation sont superficiels. Après quelques secondes, il se décide à agir. Il prend une grande bouchée d’air, bombe le torse, puis soupire profondément... il fait demi-tour.

Il contemple le ciel en se demandant pourquoi. Pour quelle raison est-il seul ? Sans ses amis, sans sa famille ? D’ailleurs, il est célibataire. Il se pose bien la question du pourquoi, mais ne trouve pas. Personne ne lui dit. Alors il créé des façades, des masques, des semi-mensonges. Il est doué pour cela. C’est un bon chercheur puisqu’il a de l’instinct. Alors pourquoi ne trouve-t-il pas ce qu’il veut faire ?

Le ciel se couvre. L’air se rafraichit. Des gouttes tombent. Par réflexe, l’homme se réfugie sous un arbre. Il pleut souvent ici, il sait comment faire. Alors il s’assoit sous le tronc et patiente. Eh oui, il a de nombreuses qualités notre homme. Cela ne l’empêche pas de s’ennuyer. La pluie s’abat de plus en plus. L’homme se blottit contre l’arbre pour que l’écorce sèche le réchauffe. La pluie laisse place à la grêle. Le chétif bout de bois ploie sous les coups.

L’homme a de la chance ! Un arbre plus solide est à trois mètres de là. Le plus petit exprime sa douleur par des craquellements. L’homme, par peur, court se réfugier sous le plus gros. Ici, il est en sécurité. C’est trop dangereux de sortir maintenant. Alors il attend, encore. Lorsque les nuages épais disparaissent, le soleil commence à se cacher. L’homme a attendu. Il a tenu suffisamment longtemps et s’en est sorti.

Il souhaite revenir chez lui au plus vite et rêve d’un bain bien chaud. Il prend quand même le temps de profiter du paysage. Le retour offre un tout autre décor. Les champs luisent au soleil. Les flaques reflètent les rayons qui dévoilent une indescriptible scène. Un nouvel univers se présente à l’homme. Rien n’est similaire à l’aller. Le sourire aux lèvres, il est de bonne humeur.

Cet instant ne dure pas. Un nouveau tronc lui barre la route. Fraichement déraciné, il a dû tombé pendant l’averse. S’il veut rentrer chez lui, il n’a pas le choix. C’est l’unique route possible et il ne peut faire demi-tour. Il décide d’examiner la situation. Contourner l’arbre lui semble être la bonne solution. Alors, il se met à longer l’obstacle jusqu’à son extrémité. Le champ lui fait face. Malheur ! La pluie a humidifié la terre. Le terrain vaseux est impraticable. Néanmoins, il veut absolument rentrer chez lui.

La question ne se pose plus. Il ne songe plus un instant au pourquoi. Une réponse résonne en lui : « Pourquoi penser au pourquoi ? La seule solution est de savoir comment ! ». A cette pensée, l’homme prend de l’élan, court et saute par-dessus le tronc. Il peut poursuivre sa route.

Sur le chemin, il croise à nouveau les cailloux. Cette fois, ils ne lui posent plus de problèmes. Il les enjambe. Le reste du trajet se fait sans encombre jusque chez lui. Il passe la porte, le soleil se couche. La récompense de son périple se traduit par son bain. Alors qu’il fait couler l’eau, il repense à sa journée.

La Motivation est le résultat d’un changement. Mère de l’action, elle porte l’héritage de l’initiative. Alors, oublions le pourquoi du passé pour le comment du futur.
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