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La lettre

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Christian.seveno

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J’aurai pu vous écrire une lettre érotique. Vous raconter comment mon esprit chaviré, échoué sous vos jupons, caressant vos dentelles, se tourmente à l’idée de vos cris et soupirs, de vos gémissements, de vos halètements syncopaux dans le silence juste troublé par le murmure du désir.

J’aurai pu vous décrire mes doigts glissants sur la blancheur de votre peau comme glisse maintenant mon crayon sur ce papier laiteux. Mes doigts. Caressant le tissu de votre culotte crème, appréciant la frontière qui les sépare encore d’un doux exil vers un eldorado, contrée chaude et humide, mes doigts donc sans aucun passeport prêts à franchir la ligne interdite défendue par l’élastique geôlier de votre prison dorée. Ainsi vont les choses : je suis passé en un instant d’une page blanche à votre chatte humide sans que rien ne fasse obstacle. L’imagination me joue des tours. Non, non, je sais exactement, je sais précisément le chemin de ma main cherchant les larmes de votre désir pour humecter le sillon entier de votre sexe et de ses lèvres rosissant d’envie et non de honte.

Comme sur la touche d’un violon mes doigts s’affairent à jouer un concerto. Non pas de ceux très longs et présomptueux de la lourde période romantique auxquels je préfère les petites pièces baroques d’un Locatelli ou d’un J.S.B. (oui, je peux me permettre, c’est un ami...) inspirées par la ferveur frétillante du printemps. Le thème d’abord exposé en un mouvement modéré, un menuet peu suivre pour s’exprimer plus rapidement, plus librement. Et un troisième plus large, plus intense, plus...ondulant dirais-je. Oui, car à ce moment précis c’est votre ventre entier qui ondulera.
Et voilà qu’encore en deux coups de crayon votre douce chatte vient de se métamorphoser en un Stradivarius tendu et prêt à toutes les attaques de croches, doubles-croches, soupirs, et Da Capo...ah...
Je jouerai de vous-même en désaccordé, non pas par lassitude comme le fit Paganini ce génie des violons à son époque, mais pour trouver d’autres variations et faire jaillir vos vibrations les plus enfouies, très chère...

Très chère, oui j’aurai pu vous envoyer une lettre salace. Ecrite sur papier rose bonbon parfumé d’une goutte de rosée, la mienne, oui, un parchemin osé, une missive cochonne à faire pâlir Pierre Louys, rougir le Marquis ou s’évanouir un ancien directeur du front monétaire international.

Vous parler de votre cul splendide bondi et rebondi, de vos fesses galbées séparées par la ficelle d’or d’un string brésilien ou d’ailleurs, d’ailleurs...de ces montagnes rondes perchées en haut de vos cuisses à gravir par la force des bouches ; de ce pays de chair à mordre et à lécher ; de cet environnement miraculeux où s’aventurent parfois des explorateurs têtus avant de mourir d’un voyage autre que celui de votre corps.
Amen...

J’aurai pu vous écrire une lettre friponne que vous auriez lue le soir à la lueur sautillante d’une bougie, une main tenant la lettre, l’autre déjà entre vos cuisses ouvertes à vous branler.

J’aurai pu aussi vous écrire une lettre d’amour. Mais au fond, n’est-ce pas ça, l’amour, le véritable amour.

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