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La légende presque enchantée du petit Jack'O'Lantern

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AngelineSirba

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Il était une fois, un garçon qui s’appelait Jack. Jack était un enfant sans parent, littéralement. Personne ne savait comment Jack était arrivé sur cette Terre, ni comment il était simplement venu à la vie, sans cette cicatrice caractéristique que laisse le sacro-saint cordon ombilical à chaque être humain peuplant cette planète. Jack était apparu devant la porte de la doyenne du Comté Fantastique et Merveilleux de Grinforks, Mrs Lantern, absolument nu comme un ver.

Cette femme sans âge était surnommée comme cela à cause de son obsession maladive pour la lumière. Mrs Lantern était terrifiée par l’obscurité et pour ne jamais plus être confrontée à la pénombre, elle s’échinait à capturer toutes les Eclaireuses - ces petites boules scintillantes qui flottaient comme des spectres dans les airs - qui croisaient son chemin avant de les enfermer dans de petites lanternes dépareillées et de les suspendre à chaque recoin de sa maison.

Depuis son arrivée miraculeuse sur la palier de Mrs Lantern, mais surtout depuis que cette veille dame avait décidé de lui offrir l’hospitalité, personne n’avait revu Jack. Et alors qu’avant l’arrivée de l’enfant, Mrs Lantern cherchait depuis toujours la lumière du jour, désormais, portes et volets restaient invariablement clos. Jusqu’au fameux 31 Octobre.

Cette nuit là, un groupe d’adolescents téméraires s’avança pour frapper à la porte de Mrs Lantern. Mais il restèrent stupéfaits d’entendre le loquet se déverrouiller, le poing de l’un d’entre eux encore levé dans les airs face au bois de la porte. Lorsque cette dernière s’ouvrit enfin complètement, comme animée par un Enchantement inquiétant, Jack les attendait derrière, une lanterne tendue à bout de bras en direction de ses visiteurs et à la place de la tête, une citrouille. Une citrouille avec un visage. Le visage de Mrs Lantern, comme sculpté à même la courge. Un visage figé dans la terreur.

Jack fixa un instant les adolescents avant de s’avancer vers eux, le bras toujours tendu dans leur direction. Paralysés par la peur, ou par autre chose peut-être, les jeunes gens ne bougeaient pas, ne criaient pas. Seuls leurs yeux écarquillés laissaient entrevoir le tsunami qui ravageait leur conscience.

Et puis Jack franchit le pas de la porte, sans jamais baisser la lanterne devant lui, dans laquelle même les Eclaireuses prisonnières semblaient avoir perdu toute mobilité. Et alors que Jack aurait dû percuter les corps raidis des adolescents, son image leur passa au travers. Puis Jack bifurqua, et, lentement, s’enfonça dans les ruelles de la ville silencieuse.

Depuis, on raconte que chaque nuit du 31 Octobre, Jack reviendrait hanter la ville avec, flottant derrière lui comme un étendard, l’ombre diffuse de la vieille dame. L’ombre de Jack’O’Lantern.
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