La fabuleuse légende de la femme homme.

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Médecin de prison, je fais des cours sur l'art à mes patients/détenus, je suis passionné de littérature et modeste sculpteu  [+]

En lavant leur linge sur les berges du Shirva, les femmes racontent à leurs petits- enfants la légende de Michaunouga, la femme homme ;

« Au pays des femmes et des hommes de cristal, un samedi soir, le quart de dieu, Poltoroger, croyant honorer son épouse, le tiers de déesse Calpitgermaine, féconda un bloc de terre glaise qu’elle interposait entre elle et lui les soirs de la lune mauve, c’est à dire les soirs où il rentrait bourré de fêtes chez les Soularskin.
De cette union naquit Michaunouga et sa fabuleuse légende.
Vers quinze ans Michaunouga avait encore les plus beaux yeux de sa race, les plus beaux cheveux, des seins d’un galbe parfait, des hanches que cernaient des cuisses fuselées, et possédait encore le Corbellnat qu’elle avait à la naissance...
Bien que nous n’ayons pas d’équivalent exact du mot Corbellnat dans notre vocabulaire, une traduction assez fidèle serait « énorme paire de couilles velues de cristal ».
...Jamais Michaunouga et sa fabuleuse légende, ne se baignaient dans le Shirva, fleuve qui symbolisait pour le peuple des femmes et des hommes de cristal, la fécondité, le renouveau et la vie, de crainte de se faire croquer le Corbellnat par les crocodiles »


...La transmission orale de la fabuleuse légende de Michaunouga permettait ainsi de faire pressentir aux touts petits, les dangers que recelait le fleuve sacré par delà la fascination qu’il exerçait sur eux quand, notamment, ils voyaient leurs pères s’éloigner, suivant ses courants, en quête de pêches miraculeuses...

...Une fois par semaine, je croise le regard de Michaunouga dans le supermarché où elle est caissière depuis dix ans. Quand elle s’assied sur le tabouret de la caisse huit, on perçoit un bruit de verroterie qu’on manipule. J’hésite à l’appeler par son nom ancestral « Michaunouga »...Je pense que cela lui ferait du bien de savoir que quelqu’un est au courant de sa fabuleuse légende...En même temps je crains de la perturber, en la plongeant dans une nostalgie qui n’aurait d’égale que les erreurs qu’elle commettrait en ma défaveur en passant mes articles à la caisse...Je préfère l’appeler du nom qu’elle porte sur son badge « Yolande »...Et me condouloir avec elle en silence, respectant sa fabuleuse légende !

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