La jeune femme dans l'entrepôt

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J'ai écrit 2 romans publiés chez Bookisere et visibles sur www.arts-isere.com site dédié aux artistes. Je suis à l'écriture du 3° roman  [+]

Image de 2017
L’impact des gouttes sur le métal m’absorbait l’esprit.
Je ne parvenais pas à détacher mon regard de cet homme posé là, devant mes pieds, puis des deux individus propulsés plus loin comme des boulets de canon, gisant sur une estrade. À part ces morts et moi, il n’y avait personne d’autre.
Adossée à un mur, je regardai mes mains, l’une tenant l’arme déchargée qui avait sans doute servi à tuer et l’autre maculée de sang. L’hémoglobine qui s’écoula de la femme située en face de moi claqua sur une tôle rutilante. Qui m’avait guidée dans cet endroit glauque que je ne connaissais pas ? Comment avais-je pu commettre des meurtres ? Qu’avais-je avoir avec ces morts ? Je n’avais aucune blessure physique, aucune trace de lutte ? On m’avait sans doute endormie avec une seringue. Prise de panique, je jetai le pistolet, courus vers une porte, impossible de l’ouvrir puis, vers une seconde, fermée aussi, une troisième verrouillée également. D’énervement, je secouai les loquets, tout me résistait. Je me mis à hurler. Avec une barre en fer trouvée non loin de moi, je tapai sur tout ce qui se trouvait sur mon passage.
Déboussolée, je me suis recroquevillée dans un coin. J’avais soif, il faisait froid, je n’avais qu’un t-shirt manches longues et un jean. Ma mémoire me fit défaut. Avais-je une maison à moi, un travail ? je me sentais plutôt jeune, qui était ma famille ? Et mes amis ? Je n’avais aucun souvenir.
Je me levai.
Il y avait là, une voiture, sans rétro, il n’y avait pas de vitres non plus, rien qu’y puisse me renvoyer mon image, comme si tout avait été calculé.
Je m’avançai vers les cadavres, le visage tuméfié pour le premier ne pût me donner un indice. Je grimpai sur l’estrade éclairée par des néons renvoyant une lumière jaune, la femme était face contre terre, l’allure jeune, habillée d’une robe moulante, ses cheveux plaqués sur le côté droit baignaient dans son sang. Avec de la poigne, je la tournai d’un quart, une impression qu’elle était encore en vie me fit faire un mouvement de recul. Me saisissant de la barre de fer que je gardais précieusement, je retentai l’expérience, en la faisant pivoter sur le dos, non sans mal. Ses yeux ouverts semblaient révulsés, pourtant, sa silhouette encore chaude me glaça le sang.
— Madame, madame ! dis-je. M’entendez-vous ? Répondez-moi s’il vous plaît ! Est-ce moi qui ai fait ça, j’ai besoin de savoir ? Qui êtes vous ? Qui suis-je ? Qui sont les autres ?
Aucune réponse de sa part.
Je fouillai dans ses poches et y trouva un téléphone portable. Je consultai les noms et numéros dans sa liste de contact, aucun nom ne me donnèrent une explication. Aucun SMS autres que ceux qui la menaçaient si elle n’obéissait pas aux ordres. Je pris son pouls, celui-ci ne battait plus. J’avais dû tous les flinguer peu de temps avant mon réveil. Je me baissai pour tâter l’autre personne, un homme éphèbe, vingt ans à peine, pas de portable dans la poche de son blouson pas plus que dans celles de son pantalon. Je regardai autour de lui, rien, juste une oreillette un mètre plus loin.
Je redescendis et trouvai une bouteille d’eau, une assiette avec un casse-croûte fermé hermétiquement, posées sur un meuble en bois usé par le temps. Trop préoccupée par la scène, je n’avais pas jusque-là, prêté attention aux victuailles, pourtant j’avais l’estomac dans les talons. Je ne pus dire depuis combien d’heures j’étais enfermée. J’ouvris portes et tiroirs de ce placard, rien. Après avoir nettoyé mes mains et mon visage avec un quart de la bouteille et bu plusieurs gorgées, j’ai englouti le sandwich.
Puis de mes deux mains, je touchai mon visage, mes cheveux courts. Mais cela ne me donna aucune identité.
Je n’avais même pas peur de ces cadavres, à croire que j’étais un monstre. Il me fallait bien prendre sur moi. Que pouvais-je conclure puisque je n’avais pas d’élément pour comprendre cette situation morbide.
Je n’eus plus qu’une idée en tête, sortir d’ici et sauver ma peau. Après tout, je ne connaissais pas ces gens. Enfin je crois !
J’explorai tous les recoins de cet entrepôt. Pas d’ouverture qui pourrait me permettre de m’évader.
Subitement, alors que je buvais un coup, des bruits en provenance de l’extérieur se firent plus précis. Puis, une porte s’ouvrit, pour réaction, je n’eus que l’envie de me terrer dans un coin. J’aperçus cinq hommes, grands pour deux d’entre eux, plus petits pour les trois autres, un, avait une cigarette électronique, le boss sûrement. Il échangea avec un des individus.
L’un, le bras droit semble-t-il, dit :
— Belle demoiselle, où te caches-tu ? Montre-toi, de toute façon, nous allons te trouver, tu sais ça, tu ne peux pas nous échapper.
Deux des cinq, l’arme au poing avancèrent en scrutant chaque recoin. Très vite, ils ne furent plus qu’à deux mètres de moi.
— Là ! Signifia un des hommes, tout en montrant ma cachette à l’autre. Sors, on ne te veut pas de mal.
L’autre s’approcha et m’agrippa par le bras sans ménagement.
J’étais en panique.
Le patron me lança :
— Beau travail chère demoiselle.
Je questionnai :
— Qui êtes vous ? Quel est mon prénom ? Je ne vous connais pas. Sérieusement, c’est moi qui ai commis ces actes et pourquoi. Dites-moi, ! Pourquoi moi, pour qui ? Pour vous ? Vous m’avez droguée, manipulée ? Je veux savoir !
— Tu poses trop de question, petite.
Puis, Marcus, comme l’a nommé le boss, une seringue à la main, s’avança vers moi. Puis, plus rien.
Je me réveillai, allongée sur un canapé, dans une pièce avec de grandes baies vitrées et des meubles contemporains. J’avais mal au crâne, sans doute les effets des anesthésiants.Marcus et un autre des cinq hommes entèrent dans la pièce. Mon endormissement avait été minutieusement chronométré. Marcus me tendit une tasse de café, me jeta quelques vêtements sur le canapé et m’ordonna d’aller prendre une douche.
— Tu as quinze minutes pour te préparer, active-toi !
— Pour aller où ?
— Tu verras bien !
— Qu’attendez-vous de moi ? Est-ce moi qui aie tué ces personnes ?
— Va te préparer !
— Vous m’emmenez où ? Vous avez eu ce que vous vouliez, je veux rentrer chez moi. J’ai faim !
Marcus émit un rire sarcastique.
— Rentrer chez toi ?! On va te donner à bouffer, mais d’abord tu fais comme on te dit.
— Mais...
Puis ils sortirent sans même écouter la suite.
Plus je réfléchissais et plus je me disais : « s’ils avaient voulu te supprimer, ils ne t’auraient pas donné à manger ». C’était une façon de me rassurer.
Juste le temps d’enfiler pantalon et t-shirt que, Marcus et l’autre étaient déjà là.
Marcus me prit par le bras avec aussi peu de délicatesse que dans le hangar.
Ils m’ont engouffrée dans une grosse berline de grande marque étrangère.
J’étais dans un espace médicalisé avec perfusions, produits dont je ne saurais dire ce que c’était, mais une chose est sure, ils avaient encore l’intention de me droguer.


Je me mis à me débattre de toutes mes forces. Pourtant, je n’avais aucune chance de gagner le combat.
On me gifla, m’attacha puis, plus rien.

Je suis heureuse, je viens de donner vie à mon personnage principal de ma nouvelle BD. Plutôt contente de savoir que je ne suis pas une tueuse.

Malheureusement, vous ne saurez pas ce qui est arrivé à la fille aux cheveux courts, a-t-elle été piégée par son entourage, qui a orchestré ce complot ? A-t-elle retrouvé la mémoire, sa vie d’avant ?
À vous d’imaginer la suite !

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