la Grotte à Bibi

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Antoine, Frédéric GENEVE est né en 1819 sous le régime de la seconde Restauration, on ne sait très peu de chose de son enfance si ce n’est que sa famille l’appela affectueusement Bibi. Dès son plus jeune âge, il ambitionna de vivre en solitaire. A l’adolescence, il se mit à la recherche d’un endroit propice à sa quiétude et situé au pied de la communauté des hommes. Il passa de longues journées à examiner les infrastructures naturelles sans trouver le gîte idéal jusqu’à ce que ses pas le conduisent au massif du Grand Ratz. Il visita de nombreuses cavités et faillit s’abandonner dans la Grotte du Trou aux Loups à La Buisse, mais l’accès y était dangereux et il poursuivit sa quête. Quelques semaines plus tard, son obstination fut récompensée en franchissant le secteur des Balmes côté Voreppe. Il aperçut une grande caverne idéalement située. Cet abri naturel offrait une vue plongeante sur la grande plaine où serpente le lit de l’Isère délimitant le Vercors. C’est à cet endroit qu’il décida de vivre en ermite. Bibi commanda alors dans une draperie de Grenoble, une houppelande et fit réaliser une belle paire de sabots en bois de noyer du pays. Trouvant son nom peu approprié à sa nouvelle philosophie, il reprit son diminutif familier, se faisant appeler Bibi. Tout ermite qu’il fut, Bibi ne pouvait rester cloîtré trop longtemps dans son asile rocheux. Il parvenait parfois à rassembler plusieurs dizaines de personnes autour d’un banquet. C’était à l’occasion de l’un de ces rassemblements festifs, que l’un de ses amis peintre, réalisa sur la roche de la grotte son portrait, mais les épreuves du temps en ont aujourd’hui partiellement effacé la trace. Il ne reste que quelques couleurs délavées et sans forme distincte ne permettent plus de distinguer le modèle. Il y avait ses amis des arts, ceux de la haute société de Grenoble. Son esprit inventif lui permit de fabriquer une machine à travailler la pierre, ancêtre de la perceuse sans fil. Bon ouvrier, la mairie de La Buisse sollicita ses services pour le gravage du porche de l’église, encore visible de nos jours. Plus tard il réalisa le chemin de croix du cimetière de Voreppe. Dans l’enceinte de la caverne où il demeurait, il construisit une maison pour l’isoler des épreuves du temps. Mais la population le localisait toujours dans Grotte à Bibi ou Grotte de l’Ermitage. Solitaire il appliqua sa philosophie en recueillant des animaux dont un corbeau et un serpent qui devinrent ses complices. Bibi ne renia jamais son goût du terroir et entretint une petite vigne dont la récolte suffit à sa consommation et à celle de ses invités. Fidèle à son éducation, il affectionnait la compagnie d’une partie de la bourgeoisie de Grenoble qu’il conviait à assister à sa vogue annuelle animée par la fanfare de Voreppe L’échos de Chalais, suivie d’un banquet et de fortes libations les lundis de Pâques. Chaque fois il ne manquait pas de sortir a fameuse liqueur Balamine qu’il mit au point et dont le nom fut tiré des Balmes. Elle fut produite jusqu’en 1923, date à laquelle le régisseur de la cave de Voiron qui la fabriquait disparut, emportant dans sa tombe le secret de sa composition. Pourtant manquant à son engagement d’ermite, il se rendait parfois au café de la Poste à Voreppe et jouait au cinq cents avec son ami le cafetier M. DEBITO avec qui il refaisait le monde. C’est ainsi que se déroula la vie de Bibi l’ermite qui partageait sa vie entre de grands moments de solitude et la douce folie d’une amitié originale. Comme tout a une fin, il mourut dans sa grotte en 1889, à l’âge de 70 ans, sous la 3ème République, cédant sa vie à l’histoire de la Grotte à Bibi.
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