La grive et l'ortolan

il y a
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Il a été marin, boxeur, cuistot, comédien et videur de boîte pendant plus de trente ans. Épicurien dans l’âme, Patrick Godard manie aussi bien la plume que les gants de boxe et comme il  [+]

Image de Automne 2014
Deux amis de nature fort différente s’ébattaient d’ivresse dans une vigne, oubliant les affres de la prochaine saison maligne.
Les ceps courbaient l’échine comme une galante, offrant le poids de leurs délices aux deux compères affamés.
Les festivités durèrent de longues journées retentissantes de la becquée de leurs fils.
Fatalement, vinrent les vendanges, saison de disette.
Les vignerons pillèrent leur garde-manger, ne laissant en subsistance que quelques grains oxydés.
La grive et l’ortolan s’affolèrent pour une miette, à l’horizon, plus la moindre petite grappe.
Parmi les ceps pelés et soulagés, les deux amis se remémoraient leurs agapes quand soudain, l’ortolan aperçut une juteuse oubliée.
L’ortolan se l’appropria, s’en rendit acquéreur, revendiquant le droit du découvreur.
La grive, un peu piquée, tenaillée par la faim, voulut au nom de leur vieille amitié une part non négligeable du butin :
— Chère amie, mon envie n’a d’égal que ma corpulence. Comparez notre stature et vous ne pourrez nier l’évidence. La faim est bien lourde pour un corps si plein...
La grive plus puissante écarta l’oiselet et le malheureux ne put que constater que la force servit ce vol manifeste.
Alors que la grive se régalait de cette victoire facile, l’ortolan s’agita et donna l’alerte.
La grive toute à bombance ignora le cri de détresse, la gourmande allait happer son dernier grain lorsqu’un épervier interrompit son festin.
De la grive, la convoitise était la maîtresse et plus qu’une grappe de raisin, elle perdit la vie.
L’ortolan, pour sa part, s’est enfui, le ventre vide mais toujours sain.

À trop vouloir s’emplir les poches, le fort oublie l’essentiel : avoir toujours un œil dans le ciel et un autre sur ses proches.

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Brigitte Robert · il y a
J'adore ces deux oiseaux que l'on imagine dans ce paysage de vignoble au fil des mots et des lignes.Un conte digne d'une fable que monsieur Jean de la Fontaine aurait bien aimé! Je partage avec plaisir. Bonne soirée
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Aristide · il y a
Cette fable est belle et bonne. Elle aurait sans doute gagné à être mise en vers classiques. Je n'ose vous plagier... en alexandrins !
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Nathalie Perton Couriaut · il y a
Jolie fable bien menée. Si vous souhaitez un autre genre de récit: http://short-edition.com/oeuvre/nouvelles/de-corde-et-d-acier ou, plus de votre "genre": oiseau de paradis qui elle n'est pas sélectionnée
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Anna Logon · il y a
+1 = 33 et c'est un pur plaisir même en passant après Cath'... Je ne serai donc ni grive ni ortolan, mais raisin.. et prône haut et fort !... Au diable le vin nouveau, vive les vendanges tardives !
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Elsa Saint Hilaire · il y a
oui, mais l'ortolan finira dans une assiette lors d'un mariage ou un repas de Noël, alors que faute de grive, on mange des merles... Voté pour Piotr La Fontaine
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Patrick Godard · il y a
Houuu ! Cath' ! Tu prends soins de classer le gibier, cela en dit long sur ton passe-temps favori ! LOL)))
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Olivia Fouquenval Bernardini · il y a
Bravo Patrick, superbe fable !
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Patrick Godard · il y a
Merci Olivia... Tu es grive ou Ortolan ?
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Eric Paillet · il y a
pas mal c'est du niveau de l'abreuvoir il n'aurait pas dis mieux la fontaine
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Patrick Godard · il y a
Oh Eric! Merci d'être venu me lire, j'espère que tu as aimé... A+

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