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La gare de Lyon

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Gigi02

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Les gens se croisent, se suivent, se cherchent, accélèrent, ralentissent, se bousculent ou se faufilent. Dans cette fourmilière humaine, chacun est programmé pour un but précis. Tout est fait pour l’atteindre dans ce dédale d’acier, d’asphalte et de béton : pancartes, panneaux lumineux, affiches, lettres, numéros, flèches, tout aiguille, renseigne, informe. Dans cette jungle d’indications, il faut pouvoir trouver celles qui nous intéressent. Nos regards, en quête de captures, vacillent, s’interrogent, s’exclament.
Une oppressante sensation de perdition s’installe lorsque l’assurance chancelle devant une information scélérate des hauts parleurs, lorsque l’habitude se trouve chamboulée par un changement imprévu de quai ou d’horaire.
Tant de monde, de bruits, d’espace, saoule.
Le regard toise la foule sans jamais s’attarder sur le détail qui gène ou celui qui inquiète. On brave l’insécurité qui rode en feignant la nonchalance ou en adoptant un pas décidé, faisant mine de savoir où on va.
On pénètre dans cet endroit comme dans une cathédrale où l’unique prière est celle de pouvoir partir à l’heure ou d’accueillir quelqu’un au bon moment comme prévu. L’exaucement de ce vœu est l’aboutissement heureux d’une lutte menée contre le temps et les embûches de ce lieu public où le triage est devenu humain.

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