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La furie de vivre, la furie de mourir

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Graziella

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8

Le corps enduit de frange froide, une sueur puante collant à sa peau, arrachée de ses tripes, sur le sel humide de sa crasse qui la tue, elle écorche ses bras, la peau crispée dans un élan poisse qui ripe sur ses tripes assoiffées d'humidité crade qui s'extirpe de son horrible corps sublime. Ses cheveux creusent ses côtes de mèches en squelettes, trépassent dans sa chair brûlante. Crispation en tension dans son corps aveugle, sourd et muet, qui expire sa dernière vie. Le désir qui la consume lui greffe l'estomac d'un état de fer et sa langue qui pourlèche de son corps tendre avec sa lame perverse qui glisse sur sa peau. Elle suinte si fort, horrible en attente d'une fin qui la dépossède d'une torture qui cède à son amour sale. Une fin à la torture. Le murmure étranglé de sa mort, firme ses côtes en si malins. Dans sa tête le démon qui tempête, ronge dans sa cage les restes de plaies froides qu'elle s'est accrochée au cœur, il cogne son courage de bête, le flou dans ses muscles pénibles qui fondent dans sa tête, elle ne supporte plus qu'on lui vole sa vie, elle ne supporte plus que son esprit déborde de ce liquide pourpre et poisseux qui aime à se répandre, qui lui grippe la peau, s'écoule insidieusement, rampe sur ses os. Toujours aux anonymes de comprendre. C'est x qui fait semblant. Pour cette prison, dans sa chaotique douce qui l'assomme, le succès de la flamme. La femme trompe ses sens, les membres étriqués à l'étirement jusqu'au ciel de pluie, elle couche tout sur l'asymétrie parfaite de sa courbe à l'échine. Folie. Course contre la vie. Le sel dans les larmes, avec l'ire de sa furie qui exalte ses veines, elle entre dans une frénésie si délicieusement délirante sans sens, si adorablement cru comme son enfer, à s'acharner sur sa tombe déjà creusée par l'ivresse de ses cris. Ses seins sont gonflés, remplis de sou-pirations vides, dans un souffle de ses reins, elle déploie le premier hoquet de sa nouvelle vie, un... un sang brûlant qu'elle se jette sur le visage, sa peau persifle l'écorchement de sa détresse qui se tait, qui se tend, qu'elle attend avant que son corps qui se broie ne la baise. Jusqu'à en mourir comme elle tait son dernier cri. Dernière respiration d'une course contre la mort. Morte pour rien, morte pour tout. Mal. Figée au sommet de sa beauté.

Elle relâche le frisson d'une dernière envie.
8

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Artvic · il y a
Jolie petite prose ! J'adhère ! ❤️🌹
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Graziella · il y a
merci beaucoup!
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Laurent Martin · il y a
Pfiouu, exercice de style assez exigeant !! On est plus proche du poème que du récit
J'aimerais bien connaître le contexte d'écriture de ce texte?

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Graziella · il y a
C'est très gentil!
Pour ce qui est du contexte, c'est presque décevant, je me rappelle simplement que j'étais en cours d'espagnol. Cette image s'est imposée à moi et je devais l'écrire. J'ai aussi été inspirée par un dessin d'une amie. Je voulais décrire l'instant précis entre la vie et la mort, celui pile à la charnière des deux mondes, qui dure moins d'une micro micro micro seconde. Rendre compte de cet instant fixe qui est pourtant un moment dynamique, dans une écriture qui bouge aussi mais qui reste éternellement. Comment rendre un instant suspendu dans le temps, lorsque l'écriture rend souvent davantage compte d'une évolution ? Comment rendre un instant pluriel alors qu'il ne forme qu'un tout, une unité ? Ce sont les questions que je continue à me poser.

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Laurent Martin · il y a
Ah oui, c'est très métaphysique comme réflexion
Bravo en tout cas pour cet instant d'éternité !

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Chorouk Naim · il y a
Bravo
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Graziella · il y a
merci beaucoup!!
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Randolph · il y a
La furie d`écrire ?
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Graziella · il y a
il se peut :)
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Randolph · il y a
Je connais ça ! Si vous vous donnez la peine de visiter certains de mes textes...
Amicalement

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Adibro · il y a
Whow! C'est un long chemin de soufrance que tu nous décris là en passant par tous les états
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Graziella · il y a
ça c'est sûr, c'était pas vraiment agréable de l'écrire d'ailleurs :)
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