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La Fin

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Eléna

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Je suis la représentation humaine du malheur. J'ai vingt-deux ans et j'ai un cancer du foie, du poumon droit et du gauche. Rien de bien mortel. Cela fait maintenant deux ans que je m'éloigne, peu à peu, de la civilisation. Je suis chauve, blanche comme du marbre, avec deux grands yeux bruns, presque noirs. Je ressemble à un démon. Mais au fond de moi je suis très heureuse car aujourd'hui, le 11 novembre 2015, je sais que je vais mourir. Cela peut paraître bizarre mais je n'en peux plus de devoir me battre chaque jour, de souffrir chaque jour. Les insultes que je reçois en permanence lorsque je dois aller au supermarché. Je vois ce monde d'une autre manière et je sais, au plus profond de moi, que la nature va attaquer l'Homme, le rendre faible, le tué comme il s'entretue. J'aurais aimé voir ce moment, les voir morts, couchés dans du sang, mais je ne peux pas réalisé ces deux souhaits en même tant. Je marche lentement jusqu'à mon lit. Marcher me fait mal, tellement mal, aussi mal qu'un coup de poignard dans les jambes. Je me couche en espérant mourir cette nuit. Ça serait le plus beau jour de ma triste vie. Je m'endors doucement vers ce qui est sûrement ma dernière nuit. Alors que je m'étais endormie, je sentis quelqu'un me prendre la main et me la tirer délicatement. J'ouvris les yeux et vis une petite fille blonde avec une robe blanche, j'eus cru, pendant quelques secondes, que c'était un ange.
<< Viens avec moi, me dit-elle avec sa voix mielleuse
- Pour aller où ? Répondis-je intriguer
- Tu verras Lucie
- Comment connais-tu mon nom ?
- C'est sans importance, moi c'est Angélique
- Enchantée >>
Elle me retira doucement la main. Je me levai et la suivis. Arrivées devant la porte principale, je sentis une odeur, une odeur immonde, comme si l'extérieur était remplis de déchets. Elle ouvrit la porte et je vis l'enfer. J'étais effrayée par cette abominable vision. Il y avait des centaines de cadavres sur le sol qui lui était rouge écarlate. Je rester t"tanisée par cette vue horrible. Je ne savais pas ce que je devais dire ou faire. Angélique me chuchota:
<< Toutes ces personnes sont mortes pour la liberté, leur âme sont en paix
- Pourquoi me montres-tu ça ?
- C'est toi qui voulait voir la mort des Hommes >>
Elle avait raison, je l'avais souhaité, mais pourquoi avais-je demandé ceci ? Pourquoi mon "rêve" s'était-il réalisé ? La petite fille me reprit la main pour marcher sur tous ces cadavres. J'avais envie de recracher mon repas du soir. C'était horrible! On arriva dans une maison, une très grande maison. Je fus peu enthousiaste quand je me rendis compte qu'il n'y avait pas de cadavres à l'intérieur.
<< Assieds-toi sur le canapé, me dit mon guide. >>
Je fis ce qu'elle me demanda, elle partit à l'étage.
Pendant plus de dix minutes je restai assise. Inquiète du temps qu'elle prenait, je me levai et me dirigeai vers les escaliers. Je montai les marches rapidement mais fus stoppé lorsque j'aperçus des cheveux blonds. Je m'approchai doucement et vis Angélique avec un poignard enfoncé dans sa poitrine et son agresseur au-dessus d'elle. Je ne sais pas ce qui m'a pris. Une poussée d'adrénaline sûrement ? Je sautais sur ce meurtrier, le frappai de toutes mes forces et finis part prendre le couteau et lui enfoncer avec plaisir dans son crâne. J'avais du sang partout sur les mains. Mes yeux étaient rouges de rage. J'entendis le claquement d'une porte et...
Je me réveillai en sursaut, des gouttes de sueur sur le front et toujours accompagnée de ce cauchemar épouvantable. Je sentis une once de soulagement se former à l'intérieur de moi quand mon cerveau réussit à comprendre que ce n'était que mon imagination qui m'avait joué des tours. Heureusement! Je me levai, m'approchai de mon miroir et comme chaque matin, me frottai les yeux. Il y avait quelque chose de collant sur celle-ci, je me regardai dans le miroir. J'avais une magnifique chevelure blonde, une robe blanche comme le paradis mais ce qui venait tout gâcher était l'énorme tâche rouge que j'avais sur ma robe au niveau de la poitrine. Mes mains et mes yeux étaient, eux aussi, recouverts d'un liquide rouge séché, comme du sang. Et si c'était vraiment du sang ? Non impossible! Ce n'était qu'un rêve n'est-ce pas ? Tellement de questions se bousculèrent dans ma tête mais je fus interrompue par une voix féminine provenant du bas criant:
- Angélique lève-toi, ton psychiatre est là
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Jean Calbrix · il y a
Un TTC assez sanguinolent qui met mal à l'aise, et puis la chute spectaculaire qui explique tous ces dérèglements ! Bravo, Eléna ! Vous avez mon vote.
Si vous voulez faire du patin à glace, j'ai ce qu'il faut ici : http://short-edition.com/oeuvre/poetik/verglas Merci d'avance !

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