2
min

La fille au regard argenté.

14 lectures

0

Elle était encore là...
Cela faisait maintenant dix mois que j’habitais dans le quartier. Chaque matin, je me levais à 6h et j’ouvrais mes volets. Et comme chaque matin, elle était là, sur le banc à regarder ma fenêtre d’un regard fixe et vide, comme celui d’un mort.
Chaque matin, elle m’effrayait au plus haut point, depuis mon arrivé, elle était là, à mon éveil et à mon coucher. A croire qu’elle vivait dans cet arrêt de bus TEC.
Au début je trouvais cela louche de la voir là, croyant qu’elle était perdue, un jour je m’étais permis de l’approcher et je lui avait demandé où elle habitait, comme réponse, je n’avais obtenu qu’un regard remplis de terreur et d’ennuie.
Depuis ce jour je me contente de la regardé fixement à chaque fois que je me rends au travail.
Pour moi, cette fillette n’est plus que le fruit de mon imagination, de mon angoisse. De plus, pour ajouter à mon raisonnement, je pense être le seul à la voir jamais vu. Aucun locataire de mon immeuble n’a jamais parler de la fillette et aucun passant n’a jamais regardé cet-arrêt de bus. Je dois sûrement le rêver aussi.
Qui sais, demain elle ne sera peut-être plus là ? Je pourrais peut-être avoir une vie normale !
Comme tous matins, elle est là, assise sur le banc de l’arrêt de bus, avec la même coiffure ancienne, la même robe couleur d’ébène, les même ballerines défraichie par le temps et le même regard vide, inexpressif a la couleur argentée. Beaucoup trop argentée pour être naturel.
Mais ce matin, un détail attira mon attention sur sa robe. Une tache rouge, rouge sang. Elle était encore fraiche à voir la couleur, il n’était pas encore coagulé.
Je me précipitais donc vers la fillette aux yeux aussi argenté que la lune. Elle me regarda droit dans les yeux. Elle avait une sorte de lueur d’indifférence dans le regard.
Puis, quand je suis arrivé devant elle, la tache sombre au milieu de sa poitrine -là où devrait se trouvé son cœur- avait disparue.
Je devais avoir rêvé. Pourtant, quelques gouttes du fameux liquide perlaient encore sur les ballerines de la jeune fille.
Elle regardait à présent quelques choses sur ma poitrine.
J’avais exactement la même blessure qu’elle quelques instants plus tôt.
Avant de sombrer dans un sommeil éternel, j’arrive à lui demander qui elle est. J’entends juste c’est quelques mots prononcer d’une douce et mélodieuse elle me dit ceci :
« Je suis ta mort et ton temps sur la Terre est terminé, je t’emmène avec moi dans L’ Haut Delà».
***
Je viens de me réveiller, je suis tremper de sueur et je meurs de peur. Je me lève et vais vers la fenêtre en espérant que la fille qui dans mon rêve était la mort en personnes ne soit plus là.
Elle n’est pas là et j’en suis extrêmement soulagé, soudain je la vois arrivé en marchant d’un pas lasse vers l’arrêt de bus.
Je regarde mon réveil pour voir l’heure car je vois le jour commencer à pointer le bout de son nez à l’horizon.
Cinq heure quarante-neuf au matin. D’ici une heure, je devrai repasser devant cette fille qui me fout les jetons à l’ extrême.
Je me dirigeai donc vers la salle de bain en prenant soin de fermer les volets et de couper le réveil pour ne pas devoir sortir de la douche quand il sonnera.
Après avoir pris une bonne douche et avoir chassé le rêve de cette nuit dans un recoin inatteignable de ma tête, je sortis de mon appartement.
Un grand bol d’air frais me fit du bien, le rêve de la nuit chassé de mon cerveau et emprunter un trottoir qui ne comportait aucun arrêt de bus me fit du bien.
Arrivé devant la gare, je me rendis au guichet pour demander son ticket plus rien d’autre que ses élèves de deuxième primaire en tête.
***
Thibault était fatigué quand il reprit le chemin du retour en train.
Il adorait les enfants mais des si jeunes n’étaient pas de tout repos.
Soudain, il revit la jeune fille à la robe couleur de charbon. Il n’avait jamais réellement regardé sa beauté a coupé le souffle a un ange.
Soudain, elle tourna ses yeux vers lui et il l’a revis dans son cauchemar, lui murmurant a l’oreille qu’elle était sa mort et qu’il allait bientôt quitter ce monde.
Il sut alors qu’il n’avait pas rêvé...

0

Un petit mot pour l'auteur ?

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lire la charte

Pour poster des commentaires,