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La Ferme du Tiid-Ahraan

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ça commence sérieusement à devenir inquiétant, toute cette histoire...

Pourtant, la journée aurait du être paisible, sans trop de travail, ni une météo trop capricieuse. Je n'avais qu'à labourer le champ longeant la ferme, mais ce lutin s'est introduit dans mon simple quotidien comme un défaut d'impression au beau milieu d'un livre. Il suivait la charrue en empruntant les sillons laissés par celle-ci. Néanmoins, il semblait craintif, dès que je me retournais et stoppais la charrue, il s'arrêta de même en tentant de se cacher au mieux. Au début, c'était amusant, mais croyez-moi, là, je ne m'amuse absolument plus du tout...

Le lutin a continué son manège durant toute le labourage du champ. Puis, une fois revenu à la cours de la ferme pour ranger la charrue et ramener les chevaux au champ plus bas dans la vallée, je l'ai aperçu se cacher derrière un vieux chêne de la cours sous lequel était placé un étrange monticule de pierres. Oui, étrange, car ce monticule n'a pas vraiment d'utilité pour une ferme et lors de l'achat de celle-ci, l'ancien propriétaire ne m'en avait pas fait part. De toute façon, je ne vois pas quoi dire sur un tas de pierre. Pourtant, à mon retour à la cours, un grand trou avait été creusé sous le monticule qui fut quelque peu démonté. En y allant voir de plus près, je fis la découverte d'une ardoise cassée sur laquelle étaient écrites verticalement ces inscriptions « IEN 943 ». La cassure de l'ardoise empêchait coupait devant le « I » et plus bas le « 9 ». Il m'est impossible de comprendre de quoi il s'agit. Face à cette étonnante mise en scène, je dois vous admettre que j'ai commencé à prendre un peu peur. Les cambriolages sont fréquents dans cette dure période d'après-guerre, et on ne peut pas dire que les forces de l'ordre soit si nombreuses en pleine campagne... C'est dans cette ambiance d'inquiétude que je m'arma de mon fusil de chasse avant de débuter la traque.

***

Rien.
Absolument rien...

Mais quelqu'un a bien retourné la terre sous le chêne, non !? Je n'ai pas encore de chien et je vis actuellement seul dans la ferme. Il y a quelqu'un d'autre ici ! Il doit y avoir quelqu'un d'autre !! Bon, je pense que je me pose des questions inutilement... Le labourage du champ était long et épuisant, le crépuscule tombe déjà, je doit rentrer pour me reposer avec un bon Calva, ça devrait me calmer...

***

Je n'ai même pas entendu la bouteille de Calva se briser tellement je suis stupéfait de voir ça, par la fenêtre du salon : Un énorme molosse noir vient de surgir lentement de derrière le vieux chêne. Seigneur, il est énorme et ses yeux rouges sont si luisants... Mais bordel qu'est-ce qu'il se passe ici ? Ses massives pattes avant sont pleine de terre, c'est donc lui qui a creusé sous le chêne !
Après un instant pour remettre mes idées en place et reprendre mon souffle, je m'équipa de nouveau de mon fusil. Mais il me fallait être prudent, vu la taille du loup, je ne pouvais pas simplement sortir dehors et lui tirer dessus, puisqu'il m'observe et s'apprête à bondir à tout moment.

Ah non, le voilà qu'il s'avance lentement devant la fenêtre du salon. Est-il vraiment dangereux ? Il ne grogne pas et ne montre pas ses crocs. Tout innocemment, il s'avance vers moi avec cette impression que la nuit totale approche au fur et à mesure qu'il s'approche de moi. Le monstrueux loup noir aux yeux rouge feu est déjà sous la fenêtre, le regard toujours fixé sur le mien. Puis, paralysé par la peur de ce qui se déroule devant moi, je lève ma tête, et pourtant, je fixe toujours ses yeux rouges luisants.

Le molosse noir était debout, appuyé sur ses deux pattes arrières.
Et cette foi-ci, les traits sur son museau et autour de ses yeux flamboyants se durcirent, et sa gueule était belle et bien ouverte...

D'un simple instant, la peur prit le dessus sur moi. D'un bond en arrière, le fusil pointé sur le monstre, pas un seul moment de réflexion, le coup partit... La fenêtre vola en mille éclats puis le silence s'imposa immédiatement. Mes esprits mirent plus de temps à revenir, mais lentement, toujours l'arme pointé en avant, je m'avança à nouveau, approchant le regard vers la cours, à travers la fenêtre éclatée.

Rien.
Absolument rien...

***

Le lendemain matin, je fis une étonnante découverte dans le champ longeant la ferme. Le lutin était revenu dans les sillons. Mais cette fois-ci, il ne se cachait plus.

Il était mort.
Transpercé par une balle.
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RAC · il y a
Bouh, c'est trop triste ! Pauv'lutin !
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