La Faille

il y a
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Bonjour ! J'écris d'abord pour raconter des histoires. Sans prétention littéraire . Merci à vous qui êtes venus sur ma page . Si vous y avez trouvé quelque émotion, ou distraction -.ou pas ! -  [+]

Image de Printemps 2017
Non, ce n’est pas fini !...

Tout à coup le sifflement du vent s’engouffrant sous la porte lui renvoie en un flash implacable le souvenir.
Portés par leurs montures aux naseaux fumants, ils ont surgi trois jours plus tôt dans le froid de la nuit. La horde aux épées acérées, étincelantes sous la lune, a traversé le village à toute allure, après avoir pillé et incendié le bourg voisin serré contre la falaise, à quelques lieues de là. Comme d’autres, au milieu de la panique et des pleurs, elle a vu le ciel se voiler depuis l’horizon des relents du brasier infernal.
A présent c’est la même terreur qui s’empare d’elle. Le vent souffle fort. La pluie tombe drue. Elle est seule. Le jour s’en est allé depuis longtemps. Elle sent une peur immonde la déborder. Ils reviennent ! Elle entend enfler le bruit de la cavalcade. Le claquement des sabots sur le pavé qui se rapproche. Puis, brièvement, le silence.
On frappe rudement à sa porte.
La gorge nouée, incapable d’échapper un cri, elle n’a le temps d’ouvrir qu’il franchit le seuil de la masure au toit de chaume.
D’abord la lueur de la cheminée lui révèle la découple d’une silhouette haute de six pieds. Ensuite, quand il pénètre plus avant dans la pièce, la carrure impressionnante de larges épaules.
Alors qu’il se défait de la fourrure de loup dont se couvrent les guerriers débarqués des terres sombres du Nord, elle dépose sur la table une cruche de cervoise. Un reste de brouet qui demeure toujours à bouillir. Elle se hâte de jeter un fagot sur le foyer qui s’épuise en un tas de braises rougeoyantes.
Pendant que l’homme mange en silence près de l’âtre, elle s’emploie à balayer et astiquer vivement son logis. Evitant le regard qu’elle sait parfois sur elle. Il a gardé, montantes jusque ses cuisses musclées, ses chausses de cavalier. Le sabre au pommeau ouvragé, tenu dans un fourreau. Un fin poignard à sa ceinture. Bientôt les flammes consentent à se réveiller, ainsi qu’une tiédeur. Leurs reflets se déploient, étincelles mordorées dans ses prunelles bleu glacier.
Il ne ressemble en rien aux gredins du village qui la pressent mais n’iraient épouser une orpheline trop peu pourvue.
Dieu tout-puissant ! Est-ce la perspective d’une fin imminente ? La comparaison malvenue accroît son trouble et son effroi. Cependant une sensation étrange et inconnue – rien à voir avec la peur – grandit lentement, confusément, en son giron.
Soudain son cœur se met à battre la chamade.
Que débusque en elle ce Viking au visage buriné, taillé à la serpe ? Ce Barbare aux pommettes saillantes, aux cheveux roux tressés d’un lacet de cuir ?
Sans réfléchir davantage, comme enhardie par une emprise inavouable, elle s’approche du feu. Détache le lien de ses cheveux. Puis celui de sa cotte de lin, et laisse choir à ses pieds les oripeaux.
Il la porte jusqu’à sa couche. Se dévêt dans la semi obscurité de ses braies et du reste. Du torse imberbe étonnamment, la sueur perle, d’une odeur piquante et enivrante. Elle se mêle à la sienne, d’une peau nacrée où palpitent les veines. S’imposant en vainqueur, il ne sourit pas. Mais sous les paupières plissées brillent deux fentes horizontales.
Dehors, le ciel s’empourpre et le vent hurle au plus fort.
L’homme s’écarte un peu. Observe attentivement le corps juvénile qui s’offre. Puis la barbe musquée s’incruste entre les seins. Parcourt jusqu’au nombril le sillon de son ventre. L’orage explose quand cette roide se fait caressante, et remonte vers le cœur, qui s’affole. Survole les lèvres. Elle tente de lutter. Une langue impudique l’en dissuade. Un long frisson, qui suit la courbe exacte de l’épaule, atteint la pointe brune. Change de côté. S’y attarde avant d’être submergé. Redescend.
Alors elle oublie sa peur. Prête à mourir. Mais il ne le veut pas. Si bien qu’elle se redresse promptement, le dominant à son tour. Nue et guerrière, debout face à lui. Pointant d’un air de défi la courte lame de Barbare. Il ne l’a pas vu venir, mais est plus rapide dans le mouvement. Il la saisit par les poignets. La retourne. Plaque les hanches menues contre les siennes. Puis arrime sa bouche à la nuque frémissante.
Le métal aiguisé, sur le flanc désarmé, trace des lignes en légers effleurements. S’amuse à raviver ce que la force n’obtient.
Elle l’accompagne en un gémissement.
Des larmes de sang coulent, brûlantes.
Délicieuses.

La lueur du jour pointe à travers les persiennes. Une aube pâle, maussade. La pluie s’écrase sur les carreaux. L’eau ruisselle sur la fenêtre entrouverte. Tombe en goutte à goutte sur le parquet.
Elle perçoit en premier le vague parfum d’encens qu’il brûle tel un rite avant l’amour. Elle a froid mais repousse les draps. Jette un œil rapide sur l’écran de son portable.
« Merde, il est presque sept heures ! »
Elle entend les bruits de la rue réanimée.
L’odeur de café fort, venant de la cuisine. Il s’est envolé de bonne heure. Avant la fin de la nuit. C’est son habitude. A l’heure où les chimères se dissipent, elle ne l’a pas entendu partir. Elle se réveille seule. Sans raison un peu triste.
Elle devrait l’accepter. Capter l’instant. Oublier.
Et pourtant...
Non.
Ce n’est pas fini !
Car rien ne finit.
Jamais.
Il suffit de... trouver la faille.
Fermer les yeux.
Plonger au fond de la nuit, qui revient toujours.
Laisser venir ce qui doit exister.
En attendant les Barbares.

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Tnomreg Germont · il y a
Autant de lectures et si peu de votes ! Quels mauvais barbares! Leurs épées ou leurs plumes ne sont pas à la hauteur ....
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Roxane Soixante-treize · il y a
Merci pour votre lecture et votre piquant commentaire, Tnomreg !
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Tnomreg Germont · il y a
Sincèrement ! Magnifique texte qui n'a malheureusement pas eu le succès mérité sur ce site, peut-être que les lecteurs ont peurs d'être reconnus...ahahaha
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Roxane Soixante-treize · il y a
😁:-)
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Mickaël Gasnier · il y a
Vous avez bien de la chance de faire des rêves érotiques si prenant, et de vous en souvenir afin de les partager avec votre plume qui n'est que caresse...
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Roxane Soixante-treize · il y a
Merci à vous pour ce sympathique commentaire ☺
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Armand Armandl · il y a
Belle écriture. Quelle envolée!
Je vous laisse découvrir Amélie sinon rien et Photocoplines 666.

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Randolph B. · il y a
Quelle écriture ! Admirable ! (je me suis abonné).
(merci Michel qui, encore aujourd'hui, guide des rencontres !)

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Roxane Soixante-treize · il y a
Merci à vous Randolph. Votre commentaire me touche beaucoup.
A bientôt aussi, au plaisir de découvrir votre page :-)

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Fred · il y a
bravo
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Daniel Grygiel Swistak · il y a
Super j'ai aimé, je vs invite sur mon site pour "J'AI OSE"
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Hervé Mazoyer · il y a
Magnifiquement sensuel et érotique tout en subtilité.... la fièvre du désir est magnifiée. Vous avez du talent bravo.
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Roxane Soixante-treize · il y a
Merci à vous pour ce commentaire qui m'encourage...
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Jemal-Ophion de Puystivère · il y a
Chaud! Chaud! :D
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Roxane Soixante-treize · il y a
Super si cela vous a plu !
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Filabulle · il y a
Rêve conscient ou réalité endormie?? 😮
Très bestial et sensuel! Bravo

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Roxane Soixante-treize · il y a
Merci !
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Dimaria Gbénou · il y a
J'aime la finesse et la délicatesse du texte
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Laurent Martin · il y a
Intéressant !
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Roxane Soixante-treize · il y a
Merci pour cette lecture!
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Laurent Martin · il y a
Je me suis abonné, je vais suivre vos oeuvres, il y a un petit côté sauvage dans votre style qui mérite le détour
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Roxane Soixante-treize · il y a
Merci beaucoup à vous.
Si vous aimez le côté un peu flamboyant peut être que " Le dernier banquet " ne vous ennuiera pas. Et " Villa Porcelaine ", si vous aimez les atmosphères un peu étranges, parviendra peut être à aiguiser votre curiosité

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