La fable de Narcisse

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L’homme dans son costume noir, froid et distant...

Il grimace, il n’aime pas le monde gai et désinvolte, le monde qui cache ses tourments,
le monde qui déguise ce que l’humain s’inflige depuis la nuit des temps plongeant les uns et les autres dans d’amères questions Pourquoi moi ? Pourquoi eux ? Pourquoi toi ? Pourquoi nous ?

L’homme dans son costume noir, froid et distant n’aime pas le monde qui cache ses tourments...

L’homme dans son costume noir, froid et distant ne cherche pas l’originalité, la notoriété, le génie...l’absurde...

Ne cherche ni indolence ni discordance, ni manque ni opulence...

Il cherche quoi l’homme distant ?

Rien de plus, il ne cherche rien de plus,

Ni antipathie ni puissance ne l’anime,

Aucun dédain, nulle prétention...

Il ne sait pas répondre à des multiples réponses des autres –
qui prétextent le monde,
la volonté , le temps –
qui prétendent dominer

et discriminent, classent et tuent.

...

Il sait ce qu’il défie en lui-même :

L’homme dans ce qu’il porte en lui,

Et qui un jour ou l’autre devient -

Par instinct de survie ou de mort -

Un monstre narcissique...


Lui ! Moi ! Toi ! Vous ! Eux ! Nous !
Des monstres de Narcisse

À tous les degrés , sous toutes les formes,

Narcisse établi et dissous,

Narcisse dans l’être et l’absolu...

L’homme sait que savoir est un réflexe narcissique !

L’homme sait que l’oubli est un échec narcissique !

Aimer ou détester :

Des revanches narcissiques !

Tuer : dans un dépit narcissique !

Vivre et donner la vie : que des tremplins pour narcisse  !

Dans son costume noir et froid, l’homme tangue

Avec sa canne et son chapeau rond...

Tout de noir vêtu dans un ensemble en fil dru et satin,
Endimanché jusqu’à la nuque, sans un pli,
il tangue dans les ruelles froides, à toiser ou la candeur ou la froideur des espaces conquis... au gré des êtres qui le suivent, au gré de ceux qui le croisent...

Il sort le matin de son immeuble blanc qui suinte la vie trépidante...

Comme une ombre...il traverse la ville...

La pluie dégouline des murs et rejoint les caniveaux ruisselants de poussière et d’odeurs...

L’homme en costume noir sort toujours quand il pleut, en silence, les yeux plissés et sans un bruit...

Il avance sans savoir ce que le jour peut émettre dans ses lois...

Sans prétendre savoir, il ne se retourne pas...

Il avance longeant les murs, dans un destin éphémère,

Un mystère éclatant,

Sans attache ni contours définis....

Il sait alors

De tous les termes de vérité,

De tous les présages,

De tous les moules du savoir...

L’homme dans son costume noir est le miroir de l’autre,

Egalement de l’autre,

De tous les autres

Ou jamais des autres...

De toutes qualités, de toutes défectuosités

Ou de rien...simplement

Fade ou terne,

Jovial, excité,

Triste ou heureux...

L’homme en costume noir et distant sait,

Car celui qui sait ne sait pas,

Celui qui possède ne possède pas,

Celui qui est n’est pas...sûrement pas...
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