La douleur des autres… !

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Sauf d’avoir eu à souffrir nous-mêmes de situations violentes que réservent parfois (souvent) la vie, il est présomptueux de dire que nous pouvons « comprendre » une personne qui en est victime.

Tout au plus, pouvons-nous lui témoigner de la compassion, voire, de la chaleur humaine, la comprendre...difficile de l’affirmer !
Qui n’a pas rencontré au moins une fois dans sa vie, un parent, une relation, un ami, atteint d’une affection lourde, ou terrassé par une profonde affliction morale ?
Sous l’impulsion d’un sentiment d’humanité, d’amitié, d’amour, n’avons-nous pas tenté -souvent maladroitement- de lui dire  :

- « Oui, je te comprends, mais il faut te battre... Il faut lutter !

Ces mots n’ont évidemment aucune résonance pour qui n’a pas connu, la souffrance authentique que suggère un tel état.
Si, dans ce cas, l'empathie tend toujours à la sincérité absolue, au-delà de cette volonté, pouvons-nous nous substituer à celui ou à celle qui souffre d’un mal dont on n’a pas eu nous-mêmes, à connaître ?

« Oui, je compatis,...mais comment pourrais-je comprendre ?
Comment pourrais-je entrer dans ce corps meurtri, ou dans cette âme tourmentée par la maladie ou le chagrin et vivre avec la morsure insidieuse que la nature ou les événements lui imposent ?

Bien sûr, la tentation est grande pour les bien portants, de donner des conseils. Eux les épargnés temporaires de la vie. Eux qui, au-delà des paroles qui se veulent apaisantes, même si elles sont d’une parfaite sincérité, retournent à leurs occupations quotidiennes, sans jamais avoir véritablement mesuré l’étendue de l’indicible souffrance.
Nos tentatives de réconfort, de conseils, d’encouragements, ne seraient-elles pas un exutoire à nos propres peurs ? Comment réagirions-nous si, à notre tour, nous étions personnellement touchés ?
Souhaiterions-nous entendre ces mots, même s’ils se veulent rassurants et amicaux ?

Bien sûr qu’on va se battre ! Mais luttons-nous à armes égales contre un adversaire aussi puissant et sournois et dont on sait intimement que par ruse, ou volonté suprême, il a aliéné notre raison et hypothéqué notre avenir ?

Si les encouragements sont les bienvenus lors de combat ordinaires de la vie quotidienne, le sont-ils dans les grandes souffrances dont la soudaineté et la violence insupportable qu’elles engendrent, ne peuvent être connues que de ceux qui en sont victimes ?

La compassion, oui, certainement ! Mais comprendre... !
.

Éprouver de la compassion, c’est quand on souffre un peu, pour tenter de se hisser au niveau d’une personne qui souffre beaucoup plus que soi. Dire que nous la comprenons, laisse à supposer que nous-mêmes, avons atteint un degré de souffrance identique.
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