La douleur

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21 ans déjà, et l'écriture m'anime chaque jour un peu plus. Je ne sais pas trop comment me présenter, alors je ne me présente pas. J'espère simplement que les mots et les histoires formés pa  [+]

La lumière venait de s’éteindre, et il en subsistait encore les derniers points épars au fond de ma rétine. Juste à côté de moi, allongée lascivement sur le ventre, je l’ai sentie remuer, onduler, se redresser, se coller à moi. Sa peau était douce comme un printemps, et ses yeux avaient la couleur de l’automne. Bien sûr, dans le noir, je ne sentais que le printemps, et les douceurs qui lui étaient associés.

- Tu en rêves, n’est-ce pas ? murmura-t-elle doucement.

Elle prit ma main, et la posa sur son corps frémissant. Ses lèvres s’approchèrent de mon cou, et j’eus peur soudain qu’elle aspire mon âme tout entière. Elle se contenta d’un bref baiser, avant de monter vers ma bouche, et d’y plonger.
Nue, elle grimpa sur moi, balançant ses jambes de part et d’autre de mon corps immobile. J’étais comme tétanisé.
Elle m’embrassa de plus belle, féroce et passionnée, seule actrice de la nuit encore. Je la regardais jouer, avec mon corps et mon coeur battant trop vite. L’obscurité de la chambre n’en faisait qu’une silhouette sombre. Ses lèvres lâchèrent les miennes, et descendirent, plus bas, là où je ne pouvais plus les voir. Un instant, je fermai les yeux, et je crus rêver. Disparaitrait-elle si je soulevais mes paupières à nouveau ? Je n’osais pas prendre un tel risque, et me contentai de suivre mentalement le parcours de sa langue qui me rendait fou.

Elle était folle, me répétais-je en boucle. Elle était folle. Elle était sur moi, ses hanches allant et venant de haut en bas. Une onde me traversait le corps à intervalles réguliers, chaque fois plus puissante et incontrôlable. Et elle, elle haletait, soupirait, gémissait, comme une âme prête à partir.
Une douleur lancinante, faible mais bien présente, se mit alors à saisir ma poitrine. Mon coeur commençait-il à fatiguer ? Allons, personne n’en aurait jamais assez d’elle. Une telle nuit devrait être éternelle.
La douleur, néanmoins, ne partait pas, et s’intensifiait même. Toute à son plaisir, les yeux à demi-clos, elle ne remarquait rien, et posa ses deux mains sur mes deux épaules, tout en accélérant son rythme.
Soudain, une vive brûlure prit mon cœur, et se diffusa jusqu’aux plus extrêmes recoins de mon corps. Chacun de mes membres fut parcouru de fourmis, des centaines, des milliers de parasites étaient dans mes nerfs maintenant. Je tentai de me redresser, mais elle ne desserra pas son étreinte sur mes épaules. J’étais cloué dans son lit.
La douleur était insupportable. L’air ne semblait plus venir jusqu’à mes poumons, et elle continuait ses va-et-viens, de plus en plus rapides. Elle avait rouvert les yeux, et elle me regardait, droite et dominante, elle souriait, de plus en plus largement. Elle était folle. J’ouvris la bouche pour crier, et elle se jeta dessus, étouffant mes appels au secours sous ses baisers effrénés. Je suffoquais, et elle se retira, se mit à rire.

- Tu en as rêvé, n’est-ce pas ? Je suis toute à toi, regarde.

Elle accéléra encore les mouvements de son bassin, et je ne vis plus rien. Je haletais, soupirais, gémissais, et rien ne l’arrêtait. Une vague inonda mon cerveau, mes pensées perdirent toute logique, et une onde incontrôlable me traversa le corps. Enfin, je fermai les yeux, et tout prit fin.
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