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La croisière sur le nil

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Poaizie

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La maison était située dans un petit bourg illuminé par un soleil d’été, un chat jouait sur la pelouse tondue.
Un jeune homme, les cheveux courts et bruns, les yeux verts et rêveurs, tenait par la main sa compagne, blonde comme les épis de blé, des yeux bleus comme un champ de lavande, la voix douce apportée par une brise légère.
- Je ne peux pas, tu comprends Arielle, je ne peux pas t’emmener en croisière sur le Nil, je n’ai pas l’argent nécessaire disait tristement Gaël.
- Oh ! J’aurais tant voulu voir les pyramides répondit-elle, boudeuse et malheureuse.
- Non ! Je ne peux pas, non ! Impossible ! Je ne peux pas, mon amour.
Il l’embrassa sur les lèvres, le rêve de la jeune fille s’arrêtait ici.
- Mon amour s’exclama-t-elle, je t’aime mais je dois partir en stage à Paris pour deux semaines. Ensuite, je te le promets, nous ne nous quitterons plus...

Arielle prit la direction de la capitale. Les voisins, curieux, observaient. Gaël s’activait comme un fou derrière sa maison où coulait une rivière. Le jardin devint un véritable chantier. Il vida plusieurs boîtes, une importante quantité de briques lego.
- Mais il est fou racontaient les voisins, il faut avertir monsieur le maire, il faut l’interner.
Il commença à assembler les différentes pièces, démontaient le tout parfois, si les formes désirées ne se réalisaient pas. Il n’était pas un génie comme l’étaient les égyptiens. Mais la foi en son amour décuplait sa force.
Gaël se démenait, calculait, dessinait, montait un édifice, puis deux, puis trois.
- Il faut avertir monsieur le maire criaient les voisins, il le faut, Gaël est aliéné.
Le lendemain, il ramassa le sable de la rivière, et comme un petit diable, il l’écarta autour des constructions.
- Ce n’est même plus monsieur le maire qu’il faut appeler, c’est le docteur répétaient les voisins.
Puis Gaël acheta une barque pneumatique d’occasion sur Internet qu’il amarra sur les berges. Les voisins restèrent bouche bée.

Deux semaines passèrent, Gaël vint sur les quais de la gare pour retrouver Arielle.
- Dépêche-toi mon amour dit-il, je t’emmène dans un pays fabuleux.
Elle semblait excitée, a-t-il gagné à un jeu de hasard se demandait-elle, il y a peu de jours, il ne possédait plus d’argent et aujourd’hui, il me propose un voyage.
La gare n’étant pas trop loin, ils arrivèrent très vite à leur domicile et quelle surprise !
Trois pyramides d’environ un mètre d’hauteur s’exhibaient aux yeux d’Arielle. Tout en marchant, ses pieds s’enfonçaient dans le sable chaud.
- Mon amour dit Gaël, je t’offre une croisière sur le Nil.
Ils montèrent sur le frêle bateau, l’eau de la rivière brillait au soleil. Tout doucement, ils glissèrent au fil de l’eau, les yeux dans les yeux, les lèvres sur les lèvres.
- Je t’aime murmurait-elle tendrement, je t’aime...
Cléopâtre apparut sur les rives, merveilleuse dans sa robe étincelante et leur dit ceci :
- Aimez-vous mes amis. Conquérir le cœur de l’être désiré est un bonheur subtil. Le suicide devient une futilité. Dans ce monde où il faut un permis pour construire, je vous prie de réinventer l’amour, l’édifice ainsi réalisé vaut mieux qu’un royaume.

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