La course poursuite.

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Jeune retraitée de l'enseignement, je me consacre à ma deuxième passion, l'écriture. Depuis 2013, j'ai écrit deux romans, "Un voile sur ma vie " et "Vengeance post-mortem"publiés chez EDILIVRE  [+]

Image de 2016
Image de Tintamarre du soir
La moto pétarada avec force et fracas, dans la paisible petite ville de Marans, poursuivie par une Porsche rutilante, rubiconde, lancée plein gaz et vomissant toute sa hargne contre l’envahisseur casqué. Sur leur passage, les oiseaux s’arrêtaient soudain de chanter, les corneilles ne croassaient plus tant un tel charivari les laissait sans voix. Les passants, surpris par tout ce vacarme, se retournaient tout d’abord interloqués puis, le moment de stupeur passé, se mettaient à crier comme pour exorciser leur peur. Certains restaient même sans voix tandis que d’autres clamaient haut et fort à qui voulait l’entendre que tous ces jeunes étaient des demeurés. Pendant ce temps ; le motard imperturbable continuait sa course en slalomant entre les voitures crachant parfois sur l’asphalte, les yeux rivés sur ses rétroviseurs, tout en accélérant bruyamment dès qu’il en avait l’occasion. L’automobiliste avait un peu plus de mal à tenir la cadence ; les autres voitures entravant sa course effrénée dans les rues étroites de Marans. Il vociférait, seul, au volant de son bolide en faisant parfois grincer les vitesses au risque d’endommager le moteur. Ce n’était pourtant pas dans ses habitudes de martyriser sa voiture mais le temps pressait. La ville était en ébullition ce week-end-là car Noël approchait à grands pas et les hauts parleurs, un peu enrhumés, diffusaient des chants religieux entrecoupés de craquements sonores qui faisaient grincer des dents les plus stoïques des badauds. Soudain, au détour d’une rue, une foule compacte et bruyante scanda des slogans publicitaires pour une marque de jouets suivie par la fanfare de la ville. Les enfants applaudissaient à tout va pendant que les adultes tapaient des pieds en rythme. Tout le monde se prenait au jeu et ne s’occupait plus des deux fous éperdus de vitesse complètement hilares, arrêtés au beau milieu de la foule, l’un sur sa bécane et l’autre dans son bolide. Ils avaient tous les deux perdu leur pari : celui d’arriver le premier à la sortie de la ville. Néanmoins, ils n’avaient pas perdu leur sens de l’humour et c’est en chœur qu’ils s’écrièrent que ce n’était pas marrant de traverser la ville de Marans.
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