LA COCCINELLE D’ARCACHON

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Né en 1951 à Annecy, Alphonse Dumoulin épuise immédiatement ses parents en braillant jour et nuit. L'age et l'extinction de voix guettant, il se résout aujourd'hui à écrire plutôt qu'à  [+]

Ce matin, le soleil éclabousse la plage d’Arcachon aussi joyeusement que je frappe du pied les flaques abandonnées ça et là par la marée basse. Avec ma barboteuse et mon grand chapeau mexicain, je suis un adorable petit bonhomme bronzé comme un pain d’épice.

Puis, pschitt ! A pu le bambin, disparu ! Panique sur la plage ! La maman s’affole, interpelle, scrute, bégaie, hurle « Alphoooonse », tourne en rond plus qu’elle ne courre... ... le père parcoure à longues enjambées le coté droit de l’immense plage... la sœur ainée en fait de même à l’opposé... ... trois minutes, sept, dix, vingt peut-être... le temps s’étire en jours, semaines, siècles... le maître-nageur s’active, des mères compatissantes se mobilisent, les hommes ratissent la dune...

Ils ont raison. C’est là que je suis. Dans un creux qui me protège de la brise. En train de raconter ma vie à la coccinelle que j’ai suivie jusque ici. Elle au moins m’écoute. Pas comme ces stupides crevettes qui disparaissent sans prévenir sous les galets. Ni ces horribles crabes et leurs saletés de pinces.

Je suis à plus d'un kilomètre du parasol familial. Dans bien des années, je reviendrai sur cette plage. Sans jamais y revoir mon éphémère amie. C’est peut-être ça, grandir.
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