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La bourse aux jouets

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Louise Mercier

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La bourse aux jouets



Quel délicieux moment qu’une bourse aux jouets.
Y avez-vous déjà participé ?
Vous souvenez-vous du premier jouet qu’on a offert à votre enfant ou que vous-même avez offert ?
Le cœur que vous y avez mis, savoir si cela lui plairait ou pas.
Sourire à l’idée de le voir jouer avec.

Et bien venez à une bourse aux jouets et je peux vous dire que la fois prochaine, votre fric vous le garderez rien que pour VOUS !!!

Déjà, il y a le départ, le top comme dans une course à pied. Devant une grande salle, des voitures percent le rideau de la nuit, le coffre bondé. Elles se rangent, les unes à côté des autres. Tout le monde est encore calme, mais déjà on se scrute du regard, on se dévisage à travers la vitre de la voiture. On a l’œil fripé, on est en manque de café, mais on est au taquet et ça va barder.

Les participants qui deviendront bientôt des concurrents sont prêts. Ils doivent rejoindre leur table d’exposition et tout déballer en un temps record. Car, oui, il faut être prêt le premier, vendre le premier et montrer comment on a bien vendu.
Show Time Ladies and Gentlemen ! Je préfère avec l'équipe de NBA !

On ne les a pas parqués dans des sas, mais on aurait pu. Ils ont mis leur tenue de compét et se sont entraînés, ils ont répété et ils sont déterminés.
Et là, on voit des personnes s’affairer, faire des aller-retour incessants entre la voiture et la salle. Les bras chargés, on embauche même le petit dernier qui est venu vendre ses playmobils dont il n’a plus que faire maintenant qu’il a une PS15.

Ce soir ils doivent repartir les mains vides, le coffre vide, mais les poches pleines. Une seule chose demeure intacte du début jusqu’à la fin, l’absence de sentimentalisme.
On va pas de prendre la tête avec des conneries, non ?! Euh, oui, non.

Dans cette grande salle, au milieu de ces vendeurs aux dents longues qui oublient leur titre de parents, leurs gamins... On aperçoit des peluches au regard triste et aux coloris passés, las d’avoir essuyé les petits comme les gros pleurs des enfants, d’avoir été témoin des premières frayeurs et d'avoir eu le rôle de consolateur de première.
On entend également les cris plaintifs des jouets dont les piles sont fatiguées d’avoir autant amusé les enfants. Une mélodie qui tente de raisonner à peu près juste, elle qui a tant donné pour avoir fait sourire les parents lorsque leur bambin a esquissé deux pas de danse alors qu’il tenait à peine debout.
Mais ça, c’était avant !!!!

Sans pitié, tout ce petit monde repartira chez lui, ravi, déçu... Et prêts à repartir consommer, car... Noël approche !!
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Keith Simmonds · il y a
Superbe texte qui nous apprend pas mal de choses, et bien mené aussi! Bravo! Mon vote!
Mon haïku, “En Plein Vol” est maintenant en Finale et je vous invite à venir le lire et le soutenir si le cœur vous en dit! Merci d’avance! Bonne journée! http://short-edition.com/oeuvre/poetik/en-plein-vol

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Rosemary Brown · il y a
C'est vraiment très bien vu!
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Utilisateur désactivé · il y a
J'aime beaucoup cet "esprit de compétition" lors de la bourse au jouet. Moi qui n'y suis jamais allée, je pense que je serai parée grâce à votre texte ! Les premiers paragraphes m'ont fait sourire alors que le passage sur les jouets et peluches abandonnés m'a touché. Une lecture vraiment agréable, "j'aime" !
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Louise Mercier · il y a
Une bonne leçon de vie ces simples bourses aux jouets! Merci encore pour vos compliments!