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Fabien Hoarau

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Plantée sur une terre de rochers
Autour de l’île de Leucia,
Clioria admirait avec fascination
L’entre-monde des lumières et des ombres

Sous ses pieds,
Le chemin brillait d’écarlate sur les coupants des cailloux au sol;

Piquée par l’étrangeté,
Elle empruntait la route tracée de sang
Jusqu’à la bâtisse dressée en haut de la crête
Pointée de curiosités 

Arrivée devant un portail de fer forgé d’étoiles,
Les mains pliées sur les barreaux dépeints,
Elle observait l’horizon des abysses,
Loin du blanc du jour teinté d’azur

Sous les voûtes des grands fonds,
Derrière des créatures inconnues
Une chose lézardait
Et déambulait comme un vampire des enfers

Après quelques frissons de frayeur, d’excitation et de froid,
Elle se trouvait sur le menton du mausolée de Tötenkrân, le titan des anges

La carte sur le cuir de sa peau ne mentait pas,
Elle était bien au bon endroit,
Là où les plus mauvais mots pouvaient sonner

Elle chuchota vers la porte :

« fnkar Mosu-ra grâl’ah !»

Son appel aux profondeurs
Pourfendait les serrures aux chaînes
Et brisait l’ouverture de cristaux et de bois de cendre humaine

L’océan se découpa en deux
Laissant apparaître une bête
D’une taille dépassée des cataractes d’Amérniahr*

Le démon enfoui depuis plus de quatre renaissances*,
Se leva avant d’enchâsser plusieurs pas lourds
En direction de Clioria

Les premières bras du géant se déposaient sur les récifs
Et le semblant de décapode faisait face à sa libératrice

La femme des voix oubliées
Tendît le grimoire de Nécromancia vers le ciel
Et récitait avec hauteur :

« Fngar grâ’hal shill obaehill ! »

Le monstre poussa un hurlement
Avant de baisser sa gueule jusqu’à terre,
Le voilà aux ordres de la mage

La conquête des vies sur ce monde
Devaient périr sous les morsures du punisseur

Il n’attendait plus que les mots
Avant de rendre la mort obsolète
À la libération de Tötenkrân sur la sphère

Plus rien ne devra respirer
Sous le joug du témoin d’Innsmouth,
Plus personne ne connaîtra l’horreur
Sans l’avoir apprise


« La douleur éternelle »
Marie Madeleine de Prima 6


*Amérniahr : Plaine souterraine des plus grands torrents de Prima 6
*renaissance : Période propre à Prima 6, équivalence d’une ère glacière
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