L'Inconnue

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Je serai brève, promis ! Tu es le-a bienvenu-e ici même si, je te l'avoue, tu ne trouveras pas grand-chose de gai dans mon bric-à-brac... N'hésite pas à laisser un commentaire derrière toi  [+]

À elle seule, elle a su éclipser la pureté de ce paysage aux couleurs d'Écosse.
Je ne voyais qu'elle, absorbée par la grâce de ce visage égaré, de ces grands yeux d'onyx qui ont capturé, l'espace de quelques minutes, mon être tout entier.
Je n'avais d'yeux que pour elle, si incongrue dans un décor pareil.

Elle semblait vouloir dissimuler son charme envoûtant sous des vêtements amples.
Peut-être cherchais-tu à te cacher au regard inquisiteur des étrangers. Mais comment ne pas te voir ? Debout, seule, au bord de cette route de campagne, l'air résigné de ceux qui n'attendent plus que le temps.
Si tu n'avais pas eu cette cigarette rougeoyante au bord des lèvres, je t'aurais, à coup sûr, prise pour une illusion, un mirage, une oasis d'évasion dans ce désert de pragmatisme.

J'étais presque étonnée de voir l'indifférence que d'autres te témoignaient. Comment pouvaient-ils protéger leur esprit de ta tendre aura ?
Cette fragilité diffuse qui émanait de ton regard contredisait ta pose résolue et affirmée.

Lorsque je t'ai découverte, j'ai senti que tu étais unique, que notre rencontre était unique. J'ai cédé à l'appel de mon instinct et me suis laissée happer par les effluves mystiques que tu distillais dans l'air.
J'ai vu ce qu'il y a en toi.

J'ai perçu l'éclat intangible de tes iris, le battement muet de tes ailes fantômes, le crépitement sourd de ton sang à l'agonie.
Ton souffle ne suffit pas à apaiser ton corps qui réclame. Ces bouffées profondes que tu arraches à ta cigarette ne font que masquer un instant tes maux.
Tu ne peux pas occulter ainsi ta nature profonde, douce exilée.

Tu as oublié qui tu es mais, moi, je le sais. Laisse-moi te rendre ton immortalité, princesse. Ce qu'ils t'ont pris, jamais tu ne le récupéreras. À défaut de jouir d'un repos éternel dans ton palais d'argent, tu devra te contenter d'un tombeau de simples mots.

Tes ailes tranchées ne te porteront plus vers les frondaisons, le voile est déchiré, les mondes séparés et toi, délaissée. La poussière d'étoile qui peuplait tes veines s'est congestionnée en un liquide rougeâtre, symbole de ta déchéance.

La nature a repris ses droits sur toi, étrangère, et rompu ton charme. Mes yeux se sont détachés de ton dos, mes pieds m'ont entraînés au loin.
Nos chemins se sont frôlés par d'étranges desseins mais sache, ma fée, que je suis honorée d'avoir croisé ton regard avant de reprendre ma course effrénée.

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