L'inconnu

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Je suis un collégien de 15 ans qui aime écrire en puisant dans mon imagination. Ici, j'espère trouver de bonnes critiques et de bons conseils pour améliorer mon écriture. Aussi, je souhaiterai  [+]

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L’impact des gouttes sur le métal brisait le silence angoissant de la pièce. Elles provenaient des poutres fissurées et moisies du plafond qui regorgeaient d’humidité. La température de la salle était glaciale : en hauteur se trouvait une fenêtre aux rideaux blancs déchirés çà et là qui laissait s’engouffrer les bourrasques d’un vent de minuit frigorifiant, la lumière argenté de la lune reflétait les rideaux de la fenêtre au milieu de la pièce. Sur le mur d’à côté se trouvait une pendule qui semblait n’avoir plus été utilisé depuis très longtemps. En face de cette dernière se trouvait une imposante armoire sombre. Alors que je balayais la pièce du regard j’entendis un grincement de parquet. Méfiant, je tendis l’oreille en silence. Puis, survint un second grincement. Ils se mirent à s’enchainer de la même sorte que lorsque quelqu’un accélérait le pas. La peur me gagnait, j’imaginais toutes sortes de personnes tordues sur lesquelles je pourrais tomber. Mon cœur battait la chamade. Alors que je plongeais sous une longue table de buffet rectangulaire – tout aussi fissurée et moisie que les poutres du plafond – pour m’y cacher, je vis la porte s’ouvrir à la volée, elle claqua même contre le mur.
- Aïe, murmurai-je.
Je m’étais cogné la tête contre la table en sursautant. Tout en me frottant énergiquement là où je m’étais blessé j’observais le couloir sur lequel la porte donnait. Ce couloir était éclairé d’une seule et unique ampoule qui clignotait de manière irrégulière tout en produisant une petite vibration, ses fils électriques ressortaient du plafond. Le couloir était équipé de quelques meubles sur lesquels étaient disposés des pots de fleurs garnis par des bouquets de pavots. Une photo en noir et blanc était entourée d’un cadre rectangulaire de l’époque Baroque. Des gouttes de sueur perlaient sur mon front et coulaient jusque dans mon cou. J’observais le scintillement incessant de l’ampoule. Toutefois, son irrégularité devenait de plus en plus importante, elle peinait à rester allumée... À un moment j’ai bien cru que la lampe avait bel et bien rendu l’âme, mais j’avais tort. En effet, la vieille ampoule fonctionnait de nouveau, du moins, elle continuait son scintillement d’origine. À l’exception que cette fois, quelqu’un se tenait dans ce couloir, immobile. Je distinguais ses deux jambes, – il m’était impossible de voir au-delà, je devais rester caché sous la table pour ne pas me faire repérer – elles étaient habillées d’un collant sombre écorché de tous part qui révélait une peau d’un ton affreusement pâle. Ses pieds quant à eux, portaient de vieux souliers noirs avec des chaussettes blanches qui déteignaient sur le noir par leur encrassement. L’ampoule se mit à clignoter intensément. J’étais obligé de plisser les yeux mais je gardais les yeux rivés sur les répugnantes jambes de l’inconnu. C’est alors qu’elles se mirent à bouger : un pas, puis l’autre, très lentement. L’étincellement s’intensifiait encore et encore. J’étais contraint à fermer les yeux. Même en les fermants le scintillement de la lampe me gênait. Je sentais mon cœur battre à toute allure dans ma poitrine et mon corps tout entier suait à présent. C’est alors qu’un gros bruit d’éclat se fit entendre suivi par le choc du verre de l’ampoule contre le sol. J’ouvris immédiatement les yeux, je découvris les morceaux de verre de cette dernière au sol. Cependant, aucune trace de l’inconnu. Je décidai de prendre mon courage à deux mains et de sortir de ma cachette, impatient de découvrir ce qui se passait ici. Et de trouver les réponses à mes questions.
- Pourquoi la lampe venait-t-elle d’exploser de la sorte ?
- Qui était cette personne ?
- Que voulait-t-elle ?
En sortant de sous la grande table de buffet, je balayai de nouveau la pièce du regard. Rien n’avait changé. La fenêtre aux rideaux blancs déchirés çà et là laissait toujours passer le vent extérieur ainsi que la lueur argenté de la lune. Les gouttes d’eau des poutres humides du plafond continuaient de tomber. Sans perdre plus de temps j’avançai prudemment dans ce fameux couloir. J’observai avec questionnement les débris de verre laissés au sol par l’ampoule, ils avaient légèrement noirci. La photo en noir et blanc disposée dans un cadre rectangulaire de l’époque Baroque représentait une famille attablée à la grande table de buffet. Cependant, la photo était déchirée à l’emplacement des têtes de chacune des personnes, excepté celle d’une jeune fille qui tirait un large sourire et aux longs cheveux bruns qui bouclaient par endroit. Elle portait une robe blanche aux manches particulièrement longue, cette robe rappelait elle aussi l’époque Baroque. Je détournai mon regard de la photo pour continuer à explorer cet étrange couloir. Au bout de celui-ci, sur la gauche, se tenait une vieille porte en bois. Je fermai les yeux, et, sans réfléchir j’ouvris la porte à la volée. Réalisant que rien n’était arrivé j’ouvris un œil, puis deux. J’avançai prudemment... Tandis que la porte se referma violemment. Je me retournai et la porte avait disparu, du moins, c’était un mur et il m’était familier. Je contemplai la nouvelle pièce dans laquelle je venais de m’introduire. Néanmoins, je remarquai avec effroi que je connaissais très bien cette pièce, c’était exactement la même salle que je venais de quitter : grande fenêtre aux rideaux blancs déchirés située en hauteur, grande salle de buffet au centre de la pièce, pendule obsolète, armoire gigantesque, gouttes d’eau chutant des poutres humides percutant le métal brisant le silence de la pièce... C’est alors que les grincements de parquets se mettaient à retentir de nouveau ! Cette fois-ci la table de buffet était bien plus loin que la dernière fois ! Partagé entre l’envie de voir à quoi ressemblait cet inconnu et ce qu’il pourrait me faire, j’attendais que la porte s’ouvre. La porte s’ouvrit à la volée comme la dernière fois, la lampe scintillait. Elle hésita, puis s’éteignit et se remit à scintiller. L’inconnu était là, immobile à nouveau. Cependant, c’était une fille, et pas n’importe laquelle, c’était sans nul doute celle de la photo de famille qui se trouvait dans le couloir. La même robe blanche mais bien plus crasseuse que sur la photographie l’habillait. Les manches pendantes de la robe dissimulaient les mains de la fille. Ses jambes étaient pareillement vêtues : un collant sombre écorché de tous part qui révélait une peau d’un ton affreusement pâle. Et ses pieds quant à eux, portaient de vieux souliers noirs avec des chaussettes blanches qui déteignaient sur le noir par leur encrassement. La tête de la fille penchait sur le côté, ses longs cheveux bruns qui bouclaient étaient devenus hirsutes et crasseux, ils lui arrivaient à la hanche. Des mèches recouvraient son front et lui tombaient devant ses yeux cernés, on apercevait tout au plus des yeux couleur albâtre et des vaisseaux zinzolin. Quant à ses pupilles, elles étaient noires et dilatées. Elle esquissait un large sourire dévoilant des dents jaunes. La peur me paralysait. Elle avançait lentement en ma direction, je ne pouvais pas bouger...
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