L’INANITE DES CHOSES

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J’étais là, le regard ailleurs comme éteint, à m’interroger sur le caractère vain des choses. J’étais là, psalmodiant des « à quoi bon » à tour de bras. J’étais là, j’étais las, dans le vestibule du néant, l’âme inaguerrie encore à de vertigineuses questions, posté devant des gouffres abyssaux de réponses, le regard vide fixé sur rien ; un rien formidable, un rien tonitruant, un rien étouffant.
Je réalisais avec tout le recul requis les quantités d’énergie formidables que j’étais encore capable de déployer pour mener à bien des projets, des idées, entretenir des relations, gérer des émotions. Banales idées fixes ?! Âme en émoi, larmes aux abois... Je m’interloquais aussi sur la vanité des choses. Toutes ces vaines préoccupations matérielles, spirituelles et même émotionnelles qui ne durent qu’un temps, n’ayant que la piètre ambition de nous détourner de choses plus primordiales comme l’urgence de vivre, l’accomplissement de soi, la quête d’un bonheur durable, l’amour reçu et surtout donné... Simples vues de l’esprit, orgueil ultime, mensonges à soi...
Reste toujours sur le carreau l’éternelle question : Quel sens donné à tout cela, à ces tourments, à ces efforts ou ces bibelots ?? Tout est vacuité. Pour qui sait voir. Tout est transitoire. Tout passe et rien ne dure toujours. Tout est emprunté. En vérité... Ma vie même ne m’appartient pas, elle s’en retournera aux éléments. En dehors du fait que je la pilote, elle- même aura son temps. J’aurais tout aussi bien pu être ou naître papillon malicieux à New Delhi, poussière d’étoile dans la queue d’une comète, chef charmant d’une tribu Massaï ou encore, douce écume remontant le St Laurent et ne pas le savoir... Ces « enveloppes » n’auraient-elles pas fait que passer ?! Car tout s’arrête un jour puis recommence... Immuablement. Tout est cycle. Tout est un. Un est tout. Doctrine anti-action ou esquisse de sagesse ??!!
Présentées ainsi, ces préoccupations chimériques peuvent apparaître comme de véritables futilités, à la frontière jamais très éloignée de l’indécence vis à vis de l’essentiel. Des « chagrins » d’adulte et encore... les chagrins d’enfants sont mille fois plus purs, mille fois plus authentiques et pour tout dire, dignes d’intérêt et respectables.
J’étais là, à jouir de tout et ne souffrir de rien, car je réalisais l’inanité des choses.
J’étais là, serein, l’œil hagard mais le sourire en coin.
J’étais là, décontenancé par l’inanité des choses.
J’étais là, la certitude d’être sur la voie...

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