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L' HOMME AUX CHATS

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Tamy

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L' HOMME AUX CHATS

John avait été viré, il n' en pouvait plus, ce patron, ces gens préssés tout ce bruit, cette pollution, et dire que ce matin encore il devait tenir la rubrique" animaux et nature"avec le sourire, du délire. Il était parti sans demandé son reste, salut tout le monde, buy-buy...là maintenant il était seul face à lui même dans cet appartement, trop grand, trop vide pour lui; il avait envie d' autre chose, prendre un bol d' air comme on dit.
C' est pourquoi il était arrivé dans cette bourgade il y a quelques semaines, juste une mercerie-épicerie, de quoi boire un coup et faire de l' essence. Son chalet, et tout autour des sapins à perte de vue, des sapins et encore des sapins. Il était d' un physique agréable et il se dégageait de sa personnalité une force fragile et un besoin. Après avoir installé ses affaires et avoir mis ses quelques commodités en place il avait décidé de se faire plaisir et de s' installer un hamac avec une table en extérieur; aussi il avait pensé à prendre peut-être par la suite un animal de compagnie un furet ou un raton laveur car il y avait une rivière un peu plus loin. Il faut dire que cela faisait déjà quelques mois qu' il était arrivé et qu' il s' ennuyait; à part aller faire quelques courses et parler avec quelques gens du coin devant une bière rien n' y faisait, il se demandait aussi pourquoi Amy n' avait pas voulu de lui non plus au NOËL dernier, tout lui semblait minable en fait; comme une vie à côté de laquelle on passe. Alors il décida de se ballader en forêt pour voir un peu les alentours, et très vite il s' aperçu que d' innombrables animaux y vivaient aussi, ce qui lui plut beaucoup, l' intrigua et le mis au défit d' apprendre à chasser. Après maintes reprises il n' arrivait pas a viser ni écureuils, ni lièvres, ni perdrix ou autres volatiles car ils étaient trop rapides mais il était fier de la carabine qu' il avait acheté dans la bourgade. Au fur et à mesure des mois il avait réussi à chasser quelques animaux, mais il avait surtout remarqué que dans cette forêt vivaient de nombreux chats sauvages. Et puis un jour il avait décidé de les chasser aussi. Les premiers qu' il ramena étaient de beaux et gros chats au poil épais, doux et soyeux; il en mangea un; puis deux... ; mais au delà de cet ennui qu' il avait transformé en un plaisir gustatif et sportif qu' était cette chasse, il avait pris plaisir à les regarder et l' idée naissante mais déjà obsessionnelle de les garder était en lui. Pourquoi ne pas les empailler? ça il l' avait lu dans un manuel, il lui faudrait simplement essayer; c' est alors qu' il se mis à les empailler tous plus beaux que jamais; c' était devenu pour lui un besoin, comme ce besoin qui lui manquait; tous les deux jours il allait à l' épicerie-mercerie pour choisir de sublimes perles en verre afin de leur redonner ce regard sauvage qui l' envoutait; posant méticuleusement une perle puis l' autre et redonnant vie à sa manière à tous ces chats; seuls êtres dans cet immensité de sapins qu' il aimait autant. La vie passait ainsi et il semblait pourtant qu' il n' avait pas comblé ses manques. Peut-être ne s' était-il pas posé la question à savoir si tout simplement, fallait-il les aimer? Les jours passaient comme ils avaient commencés mais il sentait de plus en plus un mal-être, un manque de souffle, un besoin non assouvi, bref quelque chose d' incompris. Il se persuada que ce sentiment n' était que passagé et que de toutes façons ce sentiment lui appartenait, ce n' était ni ces chats ni rien d' autre qui pouvait le miner; il se faisait des idées; aucunes forces quelconques ne lui aurait communiquée ce désarois mais pourtant il restait dans un état d' incompréhension de lui même. Après des jours et des jours prosterné sur lui même il entreprit de tout simplement se ballader, imaginant que s' était le premier jour sans chasser, appréciant chaque instant, chaque bruissement d' arbre, chaque cris d' oiseaux mais le destin le rattrappa et ce fut dans un fracas qu'il tomba dans un trou se coinçant la jambe à se la déchirer; comment se faisait-il qu'il y ait un trou à cet emplacement? Il y était passé plusieurs fois la semaine dernière! Tout d' abord il se sentit perdu puis la raison repris le dessus et il essaya de se dé gagé en vain; la douleur était telle qu' au fond de lui il se disait: je vais mourrir là, comme un con dans ce trou, les chats, mes chats... et il aperçu un chat puis deux, bientôt une meute; ils se mirent à miauler d' un miaulement que l' on pouvait entendre du plus profond de la forêt. Il ne les voyait plus de la même manière, les chats semblaient l' aider, ils formaient une chaîne pour l' aider à sortir de ce trou; il s' aggrippa à eux et s' effondra en sanglots; " mes amis, vous êtes mes amis". Le lendemain après avoir réussi à regagné son gîte et après s' être pansé les blessures il resta allongé encore étonné d' être vivant et se dit qu'il était temps de passer à autre chose; que maintenant il faudrait apprécier ce qu' il n' avait pas pris le temps d' apprécier; un chat, il y avait un chat sur sa fenêtre, il miaulait, s' approchait et déjà il ronronnait sur la couverture chaude de cet homme qu' il avait choisi pour protecteur. Il dit simplement: je m' appelle John, tu sera mon meilleur ami, posant doucement sa main sur cette fourrure... .

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