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L'envolée apeurée

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Anna Vinikoff

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Tim restait assis, les mains plaquées sur son visage. Il n’osait regarder la fenêtre ouverte qui laissait entrer tout le bruit de New York. Elle s’était enfuie par-là, laissant derrière elle une lettre qu’il ne voulait pas ouvrir, de peur de voir la réalité lui sauter à la figure. Tim était resté en costume ; il avait juste dénoué sa cravate. Que lui avait-il pris de vouloir faire ça ? Son regard humide parcourut l’appartement rangé et propre sans comprendre pourquoi. Ils étaient heureux ensemble, ils avaient tout ce qu’ils voulaient et ne manquaient de rien. Pourquoi était-elle partie en laissant juste cette maudite lettre ? Tim se leva enfin pour prendre la bouteille de whisky et un verre. Il savait qu’il ne fallait pas boire quand on était triste mais lui était plus que triste ; il était dévasté par le chagrin. Il but son verre en regardant droit devant lui, laissant ses yeux s’embuer de larmes. Elles coulèrent le long de son visage jusqu’à se mélanger à l’alcool : la combinaison néfaste et mortelle parfaite.
Ses pensées se brouillaient. Il la revoyait enfiler sa petite robe noire avant qu’il n’aille chercher la surprise dans sa voiture. Il l’imagina ensuite, durant les cinq minutes où il était parti, en train d’écrire la lettre, d’ouvrir la fenêtre et de prendre l’escalier de secours pour s’enfoncer dans le vacarme new yorkais. Cette vision lui fit perdre son sang-froid ; le verre de whisky se brisa entre sa main qui devint sanguinolente. Il poussa un juron, se leva pour aller chercher dans son manteau un mouchoir pour se bander la main. Il n’en trouva pas et craqua. Il pleura en se rasseyant doucement en face de la table basse et de la bouteille d’alcool. Une dernière fois, il espéra trouver un mouchoir dans son pantalon mais ne rencontra que l’écrin de velours. Il se calma et commença à le caresser du bout des doigts pour finir par le sortir de sa poche. Il le tint pendant cinq minutes, le contempla. Il contempla ce qu’aurait pu être son avenir avec elles deux. Il posa finalement l’écrin à côté de la lettre qu’il décida d’ouvrir fébrilement. Andy l’avait écrite de sa plus belle écriture :
« Tim,
Ne m’en veux pas. Je sais ce que tu avais l’intention de me demander ce soir et j’ai tout simplement peur de ça. Je ne suis pas une femme qui construit sa vie sur ça.
Pardonne-moi et oublie-moi.
Andy »
Tim pleura encore plus fort et ouvrit machinalement l’écrin où se trouvait l’alliance qu’il espérait la voir porter le jour où elle serait devenue sa femme.

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Grenelle · il y a
Une histoire à l'américaine. On ne sait pas l'avant, on ne saura pas l'après, on ne connait qu'un instant.