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L'écorcheur de serpents

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Army

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Aujourd’hui, Tom à le sang d’un serpent mort qui lui tache les mains.

Pour ses neuf ans, son père l’avait placé comme garçon de ferme chez les Malby, dans le sud du Kansas. Il avait conclu le marché par une poignée de main avec le fermier, tels deux maquignons satisfaits de leur accord : le salaire de Tom serait reparti équitablement : 5 Pences par mois pour le père et le fils serait nourri et logé à la ferme jusqu’à ses seize ans.
En laissant Tom avec un baluchon comme toute mémoire de son passé, son père lui avait ordonné d’obéir, de travailler et de ne jamais se plaindre.
L’enfant avait commencé son travail chez les fermiers par le nettoyage des écuries. Tous les jours jusqu’à ses treize ans, il changeait le foin, donnait de l’eau fraiche et nourrissait les chevaux de la ferme. Plus tard, en récompense de son travail bien fait, il s’était vu confier le pansage.
Tom s’en occupait comme de ses parents, de ses enfants, de ses meilleurs amis. Il s’était presque senti heureux parmi ces animaux, tous plus doux que n’importe lequel des humains de sa connaissance. Avec Lila, la jument alezane qu’il adorait, il s’était senti rassuré comme auprès d’une mère. Ce bonheur le troublait, il n’était nullement prédestiné à être heureux. Une nuit, la punition fut rude.
Lila, prête à donner naissance, était déjà sous sa surveillance depuis deux soirs. Tom avait la responsabilité de réveiller le fermier quand le travail de la jument commencerait. Tom, à bout de fatigue par ses dures journées de travail, s’endormit dans un coin du box. Son réveil fut le plus violent de tous. Lila, excitée par son ventre douloureux, lui donna un coup de sabot qui l’assomma. Privé d’aide, le poulain en mauvaise posture inhala le liquide et fut mort-né.
Quand Monsieur Malby arriva, Tom fut désigné coupable. Le sang à la tête de Tom ne fut pas un argument suffisant pour calmer la violente colère du fermier qui venait de perdre en une nuit ce que Tom ne gagnerait jamais en restant à son service. Le fermier, pour l’exemple, condamna Tom à ne plus toucher qu’aux animaux mort. Ceux que l’on tuait le plus souvent à la ferme étaient les serpents ;
A chaque fois qu’Hary tranche victorieusement la tête d’un de ces nuisible, il jette la dépouille sur la grande table et Tom sait ce qu’il doit faire. Il met son tablier et saisit son couteau, celui à la lame fine qui n’endommage pas la peau de la bête. Il déroule l’animal et l’accroche à chacune de ses extrémités en les clouant sur la table puis incise finement le ventre blanc. A l’aide de son index, qu’il plie comme un crochet, il arrache les viscères. Souvent, il y découvre une souris gluante.
Les mains recouvertes de sang, Tom rêve du jour où il ouvrira le ventre d’un serpent et délivrera une souris encore vivante. Un jour, il quittera cette ferme et gagnera beaucoup d’argent même si pour cela il doit devenir chasseur de serpents. Alors, il ouvre les ventres des serpents et relève la tête quand Monsieur Malby passe devant lui. Il le regarde, ne dit rien et pense que dans trois mois il quittera cet endroit en laissant Monsieur Malby attaché sur une table en ayant pris soin d’y avoir délivrée une éventuelle souris.
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