L’aube dans la montagne

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Éric se réveilla longtemps avant l’aube. Il en avait l’habitude ; ça faisait déjà plusieurs années qu’il n’arrivait plus à trouver un sommeil régulier.
Il se leva du lit et parcourut la chambre du regard. Tout était noir. Il était l’heure de ses étirements matinaux. Il s’approcha du la porte fenêtre et l’ouvrit ; l’air qui pénétra dans la chambre lui fit du bien.
Dehors, la forêt plongée dans le noir offrait un paysage nouveau pour lui. C’était la première fois qu’il venait dans cette région. Il n’était pas habitué à se lever le matin perché sur une montagne et ayant comme voisin un étendu d’arbres.
Il trouva tout ça magnifique et reposant. Devant lui, tout était plongé dans un vaste brouillard. Si jamais il y avait quelqu’un dans les arbres, ç’aurait été impossible de le voir.
Le courant d’air frais le saisit et il se rendit compte qu’il était tout nu.
Il ferma la porte fenêtre et retourna vers le lit. Toute la sainte soirée de la veille lui revînt, lui donnant par la même occasion une Légère migraine.

Éric avait foulé le sol de L’Isère la veille dans l’après-midi. Il était descendu à l’aéroport de Grenoble où l’attendait un enquêteur local avec qui il devait faire équipe. Il ne se rappelait pas son nom. Situation fâcheuse puisque dans quelques heures, il devait se rendre au poste et rencontrer son coéquipier dont il ne se rappelait pas le nom.
De toute façon, il détestait travailler en équipe.
Il n’aimait pas perdre de temps, non plus. Ainsi, à peine avait-il prit contact avec son compagnon, Éric s’était rendu direct sur les lieux du crime. la visite touristique de la région devait être remise à une autre fois.
L’affaire concernait une série de meurtres. Au début, la police avait pensé avoir affaire à une attaque de loup tellement que les premières victimes avaient été éventrées. Toutes avaient été retrouvées dans les bois, les tripes à l’air libre.

Éric finit de mettre ses vêtements ; il les avait ramassés sur le plancher dispersés ça et là. La soirée de la veille avait été très rude. Il en ressentait encore les frissons. Il tira de sa poche un paquet de cigarettes, en sorti une puis l’alluma.
Il prit les habits qui restaient et les mit sur le lit, à côté de la demoiselle qui dormait encore à points fermés.
Il l’avait rencontré dans le bar de son hôtel dans la soirée et l’avait offert un verre. Elle y était en vacances seule et voulait profiter de la montagne. C’était à peu près tout ce qu’il savait d’elle.
Il était incapable de résister à une femme. Il lui arrivait souvent de ramener une femme lorsqu’il passait la soirée dans une discothèque. Pour lui, faire l’amour à toutes les femmes séduisantes qu’il pouvait était comme vital. Un vice dont il n’arrivait pas à se débarrasser. Et pas le seul d’ailleurs : il était accro à l’alcool, sexe et autres drogues plus ou moins licites.
Mais malgré tout ça, c’était un enquêteur hors paire.

Éric regarda sa montre en soupirant. Son coéquipier n’était toujours pas là. Pourtant, il l’attendait depuis une bonne demi-heure. Il l’avait appelé au moment où il voulait se rendre au commissariat lui disant qu’il y avait du nouveau et qu’il devait l’attendre sur place. Il lui avait même conseillé, avant de raccrocher, de prendre son petit déjeuner en attendant son arrivée.
Éric ne s’en était pas privé.
Il était assis à la terrasse du café de son auberge. Il était en pleine admiration de la sérénité qui régnait dans cette compagne. Peu de gens circulaient dans la place. Et le peu de personnes locales qu’il remarquait était d’un âge avancé. Mais dans l’ensemble, le cadre était magnifique. Il y avait le lac, qu’il avait visité en passant la veille à son arrivée, les montagnes et la forêt et ces matins dans le brouillard. Et pour finir, une population généreuse.

Pour Éric, Oz se révéla être un havre de paix. Dommage qu’il fût là pour élucider une affaire de meurtre en série pensa-t-il, il aurait pu y passer des moments paisibles loin de toutes les agitations qui constituaient son quotidien. Il songea à la femme avec qui il avait passé la nuit. Ç’avait été magique. Elle avait quelque chose de différent. Un petit plus qui pouvait pousser un homme à s’engager. Le matin, lorsqu’elle s’est réveillée, ils ont pu parler pendant une bonne heure. Il l’avait trouvé très intéressante. Elle était pleine d’assurance et vive d’esprit. Et côté physique, elle donnait encore plus envie. Elle avait les yeux envoûtant couleur bleue ciel, les cheveux lisses qui descendaient jusqu’à dépasser les épaules.

Éric rêvait encore d’elle et de sa vie inédite dans L’Isère lorsque son coéquipier de circonstance arriva. Il gara sa grosse voiture tout terrain et vint vers lui. Il était habillé comme tout le monde ici. Un de ces looks propre aux gens des environs. Seul la présence de son pistolet accroché à la ceinture trahissait son métier.
Il tira une chaise et s’assit en face d’Éric.
— la compagne te plaît j’espère, commença-t-il.
— ouais ! Plus que je l’aurais imaginé. ça me fait beaucoup de bien. J’avais besoin de ce calme, vu le marathon qui nous attend... en fin bref, c’est quoi ces éléments nouveaux dont tu m’as parlés ?
— Pour commencer, dans le rapport que je t’avais laisser hier avant de partir, on faisait mention d’un manteau encore non identifié... On a trouvé son propriétaire.
— C’est plutôt une bonne nouvelle, non ?
— normalement oui. Sauf que ce fameux manteau appartient à Tony LEDUC...
— Quelqu’un que je suis censé connaître ?
Éric parlait avec beaucoup de sérieux et d’un ton qui se voulait professionnel.
— Tony est le fils héritier du défunt Antoine Leduc, un homme qui, de son vivant, était très puissant et hautement respectable dans la région... un mandat contre lui aura du mal à passer mais nous y travaillons.
— je vois ça. Alors nous ne devons pas perdre du temps. Avec ou sans mandat, je doit lui parler sans plus attendre. Allons lui rendre une petite visite de courtoisie.
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Youri Billet · il y a
Ah du policier ça me manquait... Affaire à suivre... Mes voix.
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Youri

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François Paul · il y a
Un récit énigmatique à souhait ou un sentiment de pureté plane. Si suite il y à tant mieux.
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M. Iraje · il y a
Une affaire à suivre ...
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Fleur A. · il y a
Ont attend la suite
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Keith Simmonds · il y a
Mon soutien pour ce dépaysement garanti ! Bon dimanche !
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Chantal Sourire · il y a
Je soutiens !
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Houda Belabd · il y a
Merci pour ce dépaysement. Toutes mes voix ...
Je vous invite, si vous n'y voyez aucun souci, à lire mon poème sur les loups de l'Isère, ici:
https://short-edition.com/fr/oeuvre/poetik/les-misereux-loups-de-lisere
Merci!

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De margotin · il y a
Jolie lecture.

Je vous invite à découvrir mon nouveau recueil de poèmes en lice au grand prix du manuscrit 2020.
veuillez cliquer sur ce lien http://www.lajourneedumanuscrit.com/Stigmates
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Salutations chaleureuses

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Ginette Flora Amouma · il y a
Un polar dans les montagnes . la suite est prometteuse .
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Tnomreg Germont · il y a
Histoire sympa - quelques fautes de frappe - mes voix