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Il était là. Juste là. Tranquille et reposé. Plein de ce soleil vibrant, il s’exposait majestueusement à la vue de tous. Et cependant, personne ne le voyait..

Enraciné dans les profondeurs inconnues, je le sentais tirer une sorte de puissance originelle. Je sentais qu’il aspirait sereinement une pure vitalité qui le maintenait en vie. Tout cela se développait en lui et devait surement l’aider à surmonter les aléas les plus terribles tout comme l’indifférence d’un monde trop calme.

Son écorce incarnait une résistance certaine. Il avait du subir plusieurs assauts. Des coups, des blessures, les brimades du temps intransigeant. Et cependant, il montrait fièrement ses crevasses et ses fissures comme pour le prouver au monde entier.

Je le voyais nettement. Il laissait pendre des myriades de feuilles multicolores.

Emplies de cette lumière solaire chaleureuse, ces feuilles offraient un spectacle de teintes et de tonalités fabuleuses. Du bleu, du vert, un peu de jaune et un soupçon de rouge carmin. Voilà ce qu’arborait chaque parcelle de cet être puissant...
Et devant moi, un tableau impressionniste apparaissait...

Il dégageait une force étrange.
Quelque chose de merveilleux sortait de son âme, se tirait hors de son être imposant et se jetait royalement dans l’air frais. Il disposait, je crois, d’une essence fondamentale attractive et mystérieuse...
Un Je-ne-sais-quoi que je sens et qui m’anime aussi...

Et puis, une famille a élu domicile juste à coté. L’air de rien, comme ça. Sans aucune présentation. Les parents dévoraient des choses tandis que les enfants jouaient innocemment autour de lui.

D’un coup, je vis ces gnomes bizarres accrocher un carré blanc immaculé sur son tronc calme.
Ils se mirent à bonne distance.
Un pari tonnait dans l’air..
Il prit son élan
Elle le conseilla
Elle l’encensa
...
C’était à qui arrivait le premier à toucher le faible papier avec des pierres...

Alors je sentis pleinement la fierté de cet être qui encaissait sans répliquer. Je le vis fort, stoïcien. Il s’était bâti avec l’expérience. Le poids des années l’avait alourdi de valeurs et de résistance. Malgré tout, il demeurait. L’air de rien. Impassible.

Alors, j’eus cette pitié pour les assaillants outrageux.

Alors, je le comprenais, lui, l ’Arbre. Comme un frère...
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