L’appel

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D'abord lectrice, j'ai commencé à écrire les textes que j'aurais eu envie de lire. Aujourd'hui, j'ai envie d'en partager certains avec ceux qui le voudront bien. Merci d'être passé  [+]

De la brume, des ombres. De petits nuages passent sous la lumière des phares. Sous l’austérité des arbres, je roule au ralenti. Une chanson des Beatles résonne dans l’habitacle du combi « Love love me do, you know, I love you... ». Acheter le best-of aura été une bonne idée, le gps m’a lâchée depuis un moment, on ne doit même pas capter la radio ici. « Pleeeease, love me do... », j’évite quelques batraciens qui essaient de traverser la route. J’aurais peut-être dû rester sur place.

Quelle idée de se marier au fin fond du Pas-De-Calais! Je n’aime pas trop faire de longs trajets avec Mary-Jane. Elle se fait vieille. D’ailleurs j’ai l’impression qu’elle se traîne un peu. Au retour, c’est moins gênant, les photos sont faites. Enfin, j’aimerais mieux qu’elle ne me lâche pas au milieu des bois, avec cette brume qui plane. En principe, si je prends la Dame Blanche en stop, elle doit disparaître au prochain village. Mais si je ne redémarre pas, elle fait quoi ? Autant ne pas y penser... J’augmente le volume au maximum et j’appuie plus fort sur l’accélérateur.
Tant pis pour les grenouilles.
Le van décélère encore, et là, ce n’est plus une impression. Le moteur broute. Encore un effort, j’aperçois des réverbères et un village à la sortie de la forêt.

Le moteur s’arrête en même temps que la musique. Un lourd silence s’abat. Je profite de ce qui me reste d’élan pour me garer sur le côté. Je pousse un soupir de soulagement, je suis sortie des bois! Enfin, presque. Pas de réverbères à l’horizon, juste la lumière de la lune. Ce que j’ai pris pour un village est en réalité un immense cimetière.

Si on reste positif, un cimetière est nécessairement attenant à un village n’est-ce pas ? Je peux toujours dormir dans le combi en attendant le jour, c’est l’avantage du van. Il faut juste que je pousse mon matériel, en trente minutes c’est réglé. Tiens ça capte à nouveau, j’entends la sonnerie retro de mon portable. Je vais me géolocaliser pour me rassurer. Un coup d’œil à l’écran de mon smartphone: il est éteint. Pourtant ça sonne toujours. Je lève la tête vers la vitre côté passager, au milieu du cimetière, il y a une cabine téléphonique.
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