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L'ange gardien

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Jeanmicasaliva

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Petit à petit, le froid fit reprendre conscience à Irène. Allongée par terre, elle n’osait pas bouger, tous ses sens aux aguets. Elle gardait les yeux fermés, imaginant ses tortionnaires tapis dans l’ombre, près à se jeter sur elle à nouveau. Au bout d’un temps interminable, encouragée par le silence total qui régnait tout autour d’elle, elle ouvrit les yeux avec précaution. Elle était seule. Elle se redressa, ramassa ses affaires dispersées autour d’elle et se rhabilla en hâte. Quand ce fut fait, elle se mit à marcher avec précaution en scrutant les bois autour d’elle, lentement puis de plus en plus vite. Puis, elle se mit à courir, droit devant elle. Elle courut jusqu’à ce qu’elle sente son cœur prêt à sortir de sa poitrine. A bout de souffle, elle se laissa tomber par terre, dans un fourré. Et alors seulement elle se sentit à l’abri de ses bourreaux.

A cet instant, le souvenir terrible du viol éclata dans son esprit !

Submergée de désespoir, elle se mit à pleurer comme personne n’avait jamais pleuré avant elle, comme elle n’aurait jamais cru que cela soit possible. Elle pleura pendant des heures, dans la solitude et le froid, le cœur rempli d’obscurité.
Soudain, une voix s’éleva en elle.
— Pardon !
a jeune fille cessa de pleurer et retrouva ses esprits instantanément.
— Pardonne-moi Irène !
La voix semblait bouleversée.
— Je suis ton ange gardien Irène !
Irène sentit son cœur s’arrêter de battre.
— Mon ange gardien ?
Elle laissa s’écouler un long moment, totalement incrédule, tandis que son esprit égaré tentait de donner un sens aux trois mots qu’elle venait d’entendre.
— Mon ange gardien ? répéta-t-elle doucement.
— Oui reprit la voix. Je suis désolée Irène, je n’ai rien pu faire... L’homme a son libre arbitre. Dieu l’a créé ainsi, libre de ses actes, libre d’aimer son prochain comme de lui faire du mal. .
— Et toi, tu n’as rien pu faire pour me protéger !
— Non ! Je n’ai aucun pouvoir sur le monde extérieur. Je n’existe qu’en toi... Je suis désolé Irène !
— Mais alors à quoi ça sert un ange gardien ? murmura douloureusement Irène en se remémorant l’horreur de son viol.
— A te dire inlassablement que Dieu t’aime... Et à te guider vers lui.
— Quoi ? demanda la jeune fille, interloquée.
La voix insista.
— Dieu t’espère, il te tend les bras pour t’entourer de tout son amour. Mais il t’appartient de faire le chemin pour te rapprocher de lui.
— Je... je ne comprends pas murmura Irène, de plus en plus décontenancée.
La voix insista.
— Pardonne à Dieu ce viol horrible qu’il n’a pu empêcher. Pardonne-lui et ouvre ton cœur à son amour infini.
— Lui pardonner ? Alors qu’il a laissé ces monstres me violer ? dit-elle avec un sanglot douloureux dans la voix.
— Ce n’est pas ton corps qui est important sur cette terre. Seule ton âme compte ! Le mal peut atteindre ton corps contre ta volonté, mais jamais ton âme.
Bercée par la douce voix de son ange gardien, Irène sentit petit à petit, le calme s’installer en elle, la douleur s’éloigner.
— Irène, Dieu n’est qu’amour et il ne souhaite qu’une chose. Que tu le laisses t’aimer ! Mais il ne te forcera jamais à venir vers lui, cela ne doit dépendre que de toi.
Irène petit à petit lâcha prise, repoussant au loin le désespoir et la peur, renonçant de tout son cœur à la colère et aux reproches. Et soudain elle s’ouvrit à l’amour de Dieu !

Au bout d’un temps qui lui parut infini, Irène revint doucement à la réalité, désorientée mais totalement grisée par un étonnant sentiment de plénitude et de sérénité. Elle avait l’impression de sortir d’un bain de miel et de pétales de roses, entièrement purifiée. Elle expira longuement et s’étira, s’abandonnant à cette agréable sensation qui l’enveloppait douillettement
— Tu es là ? demanda-t-elle à la voix.
— Oui, je suis là Irène. Je serai toujours là désormais !

Elle sentit alors une présence majestueuse entrer en elle avec une infinie douceur, remplissant progressivement toute son âme d’une pureté infinie. Le cauchemar qu’elle venait de vivre, la douleur, le désespoir, tout commença alors doucement à s’estomper, à se dissoudre. Elle se laissa alors sombrer dans un bien être lumineux, une douceur merveilleusement accueillante. Petit à petit, le moindre souvenir du terrible viol que son corps venait de subir s’évanouit.
— Qu’est ce qui s’est passé. Je me sens tellement... tellement bien tout à coup ! murmura Irène.
La voix de son ange gardien, visiblement très ému, retentit alors dans le creux de son oreille avec une douceur infinie.
— Ce n’est pas ton corps qui est important sur cette terre Irène. Seule ton âme compte ! Et tu viens de la confier à Dieu !
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