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L' AMOUREUXDU HAMMEAU

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Tamy

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L' AMOUREUX DU HAMMEAU

Souvent elle était dans la cuisine, avec son allure désinvolte et insouciante, l' air léger et il se dégageait d' elle une beauté que l' on ne pouvait atteindre, que l' on ne pouvait que regarder; les courges, les carottes ou autres ingrédients lui renvoyant avec une impréssionnante sérennité ce narcissisme aggravé, c' était elle EMERAUDE. Lui il l' aimait s' en était sûr mais pour elle les sentiments semblaient vouloir dire autre chose; elle l' aimait oui mais pas de la même manière; il s' était toujours dit qu' il l' aimait plus, et qu' elle ne savait pas l' intensité des pulsions qui bouillonnaient en lui pour elle. Ce midi elle préparait un pot-au-feu et la jardinière de légumes qu' elle savait si bien faire car ils accueillaient une table de quinze ce soir et deux couples devaient restés pour le gîte si tout se passait bien. Après avoir dréssé la table et le couvert et revêti sa robe fleurie elle l' envoya comme à son habitude au petit marché du coin prendre une botte de basilic et deux peintes de tomates séchées avec du lard pour demain. Il avait mis son velour et sa chemisette à carreaux qu' il lui allait si bien et déjà il était partit le panier sur l' épaule comme en mission. Pendant sa course, les premiers touristes arrivèrent et ce ne fut pas sans peine qu' il revint près d' une heure après, le panier dans une main et de l' autre il tenait un jambon qu' il avait calé sur son épaule. Elle était encore surprise? il avait trouvé les plus belles épices, du lard de premier choix et de surcroît il lui avait ramené du jambon comme elle l' aimait moelleux séché mais ferme. Le reste des hôtes arriva et se mirent à table. Neuf des hôtes continuèrent leur route, le soleil étaient encore haut dans le ciel mais ce n' était qu' une question de minutes pour sentir la caresse de la nuit arrivée; les deux couples l' air jovial et de mine sympathique confirmèrent leur réservation car ils n' avaient pas l' âme de randonneurs." Je pense qu' après avoir bien mangé, ils dormiront encore mieux mais n' oublies pas de me réveiler si tu l' es avant moi car je dois préparer leur petit-déjeuner", il acquiessa comme à son habitude; pendant qu' elle remetait de l' ordre, il alla dans sa cabane en retrait, entourée des bois, pour bricoler un peu; il aimait bien cette cabane, et de toutes façons elle se sentait rassurée car elle pouvait voir sa lucarne allumée de loin; il y passait de longs moments souvent. La matinée se déroula comme prévue, nos hôtes repartir de bonne humeur et Lou les raccomppagna comme à son habitude, d' ailleurs elle ne se souvient pas qu' une seule fois il ne les ait pas raccompagnés; c' était un homme aimant pour elle, souvent elle se disait de son côté qu' elle ne le méritait pas, il avait l' air de trop l' aimer. Ainsi chemin faisant Lou après les avoir mené jusqu'en haut de la colline feind se s' être fouler la cheville, c' était son scénario du moment: pendant que la personne la plus motivée allait chercher de l' aide en suivant les indications pour aller plus vite; les autres s' occupaient de lui mais le ou la dévouée ne reviendrait jamais, il s' en était assuré comme toujours car les pièges du raccourci étaient fatals. Et au bout d' une heure ou deux il disait que ça allait mieux, en forçant un peu, qu' il pourrait rentrer; inquiets les autres l' aidaient et revenaient au gîte et il savait que maintenant qu' ils étaient épuisés c' était à lui de jouer; après cette histoire Emeraude les installait pour qu' ils se reposent et Lou lui dit: je prend la camionnette, je vais voir où il est, je passe aussi chez le médecin pour une crème rassures-les! Il savait très bien où est-ce qu' il était, et aujourd' hui il trouvait ce touriste sympathique, là allongé, le bras à demi sectionné dans les vaps, ce sentiment vis à vis d' Emeraude il l' avait toujours pourtant; il fini d' arracher le bras, chargea l' homme après lui avoir fait un garrot, le ramena au gîte où les autres l' attendait ainsi que les secours; ça aurait pas dû se passer comme ça; on lui demanda s' il avait pu faire quelque chose pour le bras, il dit: vous savez il y beaucoup d' animaux sauvages par là; elle le savait contrarié et elle le laissa donc dans la cabane où il avait dû partir se reposer; quand il était contrarié aussi, il y allait. Déjà le bras ressemblait à une oeuvre d' art que la folie avait façonnée: il avait enlevé la peau et l' avait truffée de gros sel comme des diamands, avec son crochet à viande, il le suspendit avec le reste. La fin de la journée se passa; il ne lui parla pas beaucoup, elle non plus; elle se disait que demain il se serait reposé. Les jours passèrent paisiblement et sa bonne humeur revint; les prochains pensionnaires étaient pour bientôt; et elle avait besoin d' aller dans la cabane, un clou dépassait et elle avait cherché le marteau toute la matinée; mais qu' est ce que c' était que ce rideau, qu' y avait-il derrière? Il n' y avait pas ça dans la cabanne avant! mais à peine cette vision d' horreur découverte, elle entendait déjà les pas de Lou derrière elle; "je veux le meilleur pour toi, tu comprends ma chérie, tu aime le jambon, tu en aura toujours" lui caressant les cheveux et le visage. Elle restait là devant lui pétrifiée; "mais qu' est ce que tu fais, pourquoi?" "je ne sais pas, je voulais que tu m' aimes plus que les autres" alors prise de désespoir et comprenant la situation, elle s' effondra. Quand elle se réveilla, elle était dans son lit, il était à côté, une balle dans la tête et il y avait un mot sur la commode: tu m' aimera peut-être plus que les autres.

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