Juste un cèdre/Tan sólo un cedro

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Je suis une auteure bilingue de TCGP (Textes Courts pour Gens Pressés). Découvre brièvement mes textes ici et jette un coup d'œil à ma bio sur www.sylvia-camelo.com Soy una autora bilingüe  [+]

FRANçAIS

Rien de bien méchant : juste un cèdre. On l’avait planté il y a vingt ans quand Cédric était né. Depuis, il avait tellement poussé qu’il commençait à envahir le jardin.

-Ca me fait mal au coeur de vouloir le couper -avait dit Catherine l’observant depuis la terrasse. Tu sais, pour moi c’est comme le frère jumeau de Cédric.

-Je comprends ce que tu ressens – je lui avais répondu peiné. Mais, on ne peut plus profiter du jardin. En fait, il nous fait de l’ombre.

-Justement, je trouve que c’est pas mal, non ? Rappelle-toi que de nos jours, on doit affronter le réchauffement climatique. Alors, s’il te plaît ne le coupe pas - m’avait supplié Catherine.


J’avais commencé à couper le cèdre le weekend d’après profitant que Catherine était partie à Londres voir Cédric qui passait ses examens universitaires de fin d’année. J’avais acheté une tronçonneuse, une échelle et j’avais commencé à couper les branches supérieures de celui-ci. Ca m’avait pris toute la journée pour le faire car elles étaient très dures. En finissant, j’avais entendu le chuchotement d’une voix qui pleurait et mon portable avait sonné immédiatement après: c'était Catherine m’annonçant que Cédric avait perdu plein de cheveux ce jour-là.

-Je me demande s’il ne fait pas une dépression... -elle avait dit inquiète.

-C’est quoi ces idées noires, Catherine ? Je pense que c’est simplement le stress dû aux examens – j’avais répondu calmement.


Le lendemain matin, je m’étais levé tôt prêt à poursuivre mon travail. En dépit du mauvais temps qu’il faisait, j’avais mis mon imperméable, mes bottes de pluie et décidé, j’avais commencé à couper les branches moyennes du cèdre. Non seulement ça m’avait pris encore toute la journée mais, en plus, en terminant, j’avais entendu une voix qui se plaignait d’avoir mal. Puis, mon portable avait sonné de nouveau immédiatement après et j’avais entendu la voix de Catherine me disant que Cédric s’était lamenté constamment ce jour-là d’avoir mal aux bras.

-Demain même, on revient à la maison ! – elle avait ajouté anxieuse.

Ecoute, tu exagères, Catherine ! C’est un coup de fatigue, c’est tout ! Plutôt, soutiens-le pour qu’il finisse correctement ses examens- je lui avais répondu en essayant de la rassurer.


Le jour d’après, sous un soleil brûlant, j’étais décidé à couper la partie inférieure du cèdre. Mais, dès que j’avais allumé la tronçonneuse, un court-circuit s’était produit et elle s’était arrêtée de marcher. Acharné, j’avais alors pris une hache du garage et quand j’allais donner mon premier coup, javais entendu le bruit d’une voiture qui arrivait. Puis, mon fils était sorti de celle-ci en s’écriant :

-Arrête, arrête de nous tuer, papa ! C’est rien de bien méchant : juste un cèdre .



ESPAñOL

No era gran cosa : tan sólo un cedro. Lo habíamos plantado en el jardín hacía veinte años, cuando Cedric había nacido. Desde entonces, había crecido tanto que empezaba a invadir el jardín.

-Me duele mucho querer cortarlo -había dicho Catherine observándolo desde la terraza. ¿Sabes ? Para mí es como el hermano gemelo de Cedric.

- Comprendo lo que sientes – le había respondido apenado. Pero, ya no podemos disfrutar del jardín. Además, nos cubre de sombra.

-Justamente por eso me parece que no está mal , ¿no ? - recuerda que hoy en día debemos afrontar el recalentamiento climático. Entonces, porfavor no lo cortes- me había suplicado Catherine.


Había comenzado a cortar el cedro el fin de semana siguiente aprovechando que Catherine había viajado a Londres a ver a Cedric que pasaba sus exámenes universitarios de fin de año. Había comprado una motosierra, una escalerilla y había comenzado a cortar las ramas superiores de aquel. Me había tomado todo el día hacerlo pues estaban muy duras. Al terminar, había escuchado el susurro de una voz que lloraba y mi móvil había sonado inmediatamente después: era Catherine diciéndome que Cédric había perdido un montón de pelo ese día.

- Me pregunto si no está deprimido... – me había dicho preocupada.

- Pero, ¿qué son esas ideas negras, Catherine ? - Pienso que simplemente es el estrés debido a los exámenes – le había respondido tranquilamente.


La mañana siguiente, me había levantado temprano para continuar mi trabajo. A pesar del mal tiempo que hacía, me había puesto mi impermeable, mis botas de lluvia y, decidido, había comenzado a cortar las ramas medias del cedro. No sólo me había tomado otra vez todo el día hacerlo sino que, además, al terminar, había de nuevo escuchado una voz que se lamentaba de dolor. Mi móvil había sonado una vez más inmediatamente después y había escuchado la voz de Catherine contándome que Cedric se había quejado constantemente ese día de tener dolor en los brazos.

- ¡Mañana mismo volvemos a casa!- había agregado ansiosa.

- Mira, ¡me parece que exageras, Catherine ! Es el cansancio, ¡es todo ! - Mejor apóyalo para que termine correctamente sus exámes -le había respondido intentando tranquilizarla.


Al día siguiente, bajo un sol abrasador, estaba decidido a cortar la parte inferior del cedro. Pero, apenas había encendido la motosierra, se había producido un cortocircuito y ésta había dejado de funcionar . Incansable, había entonces cogido un hacha del garaje y cuando iba a dar el primer golpe, había escuchado el ruido de un carro que llegaba. Enseguida, mi hijo había salido de éste gritando :

-¡Para, para de matarnos, papá ! No es gran cosa : tan sólo un cedro.
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