Juste au-dessous des nuages

il y a
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Il était une fois un petit oiseau.
Il était très mignon, avec de grands yeux et des plumes soyeuses. Il n'avait qu'une aile.
Lorsqu'il était oisillon, il jouait dans le nid avec ses frères et sœurs à « qui mangerait le plus de vers de terre ». Il était heureux. Très heureux.
Un jour, leur maman, qui était protectrice mais néanmoins lucide se dit qu'il était temps pour elle d'apprendre à ses enfants à voler. Tous y arrivèrent très vite. Tous sauf un : notre petit oisillon. Son absence de deuxième aile l'empêchait de voler.
Rapidement, ses frères et sœurs partirent loin, et encore plus loin à chaque voyage.
En rentrant, ils racontaient leurs exploits. Ils avaient « volé par dessus la cime des arbres » ou encore « picoré des asticots sur le toit des maisons ». Ils étaient tellement préoccupés par leurs accomplissements qu'ils en oublièrent peu à peu notre oisillon. Ils l'avaient d'ailleurs doté d'un surnom : le petit sans aile.
Notre petit oiseau était très triste. Lui aussi voulait avoir pour objectif de « voler juste au-dessous des nuages ». Il lui arrivait de raconter ce rêve aux membres de sa communauté. Mais alors, on lui disait que tout ça n'avait pas de sens, qu'il fallait qu'il reste dans le nid à attendre les autres. Il les écoutait, et pour combler ses longues journées d'ennui, il s'imaginait devenir pilote d'avion. Comme ça, il pourrait voler au-dessous des nuages ! Jour et nuit, il rêvait de ce jour où il frôlerait ces grosses guimauves blanches avec les grandes ailes de son grand avion. Secrètement, quand le soleil se levait et que tout le monde s'en allait, notre petit oiseau déployait son aile et mimait son décollage.
Un beau matin, sa maman qui était restée au nid le surprit. Elle lui dit :
— Au lieu d'imaginer que tu fais quelque chose que tu ne pourras jamais faire, concentre-toi sur le ramassage de brindilles pour le nid, ce sera beaucoup plus utile ! 
Notre oisillon, lassé de ce travail répétitif, se dit tout bas que la prochaine fois, il serait plus prudent et vérifierait qu'il n'y ait vraiment personne avant d'imiter son avion.
Il ne pouvait manquer ça pour rien au monde, c'était son moment préféré de la journée.
Un autre matin, le petit oiseau imita tellement son avion qu'il en tomba de son arbre. Il était tout chiffonné, ne pouvait plus se lever. C'est alors qu'il sentit une très grande main l'attraper et le déposer dans un gigantesque panier. Il se faisait balader par un petit garçon. Le jeune enfant s'amusait dans la forêt avec un drôle de jouet. Comme une voiture électrique capable de voler. En réalité, c'était un petit avion.
Délicatement, l'enfant prit l'oiseau et le plaça dans l'avion, bec au dehors. Et l'avion décolla.
Il allait haut, plus haut encore dans la brume matinale. Notre oisillon fermait les yeux, il se croyait dans un rêve. Il n'était pas au-dessous mais à l'intérieur d'un gros nuage ! C'était merveilleux ! Il piaillait de joie. Il souriait de tout son bec.
Et c'est ici, avant que le petit garçon ne le fasse redescendre, qu'il sentit tout son plumage se gonfler de quelque chose d'absolument magique : l'espoir, celui de toute sa vie.
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M. Iraje · il y a
Avec un RE-vote pour ce conte chargé d'espoir, comme une REnaissance en "Short" ...

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