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Julie

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Clara Delange

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Parmi la foule des spectateurs admirant les manœuvres, se tenait une jeune fille qui semblait s’intéresser plus particulièrement à un certain officier. Cette jeune fille s’appelait Julie. On ne voyait pas sur son visage des traits particulièrement fins ou une peau spécifiquement douce et blanche, toutefois on pouvait dire d’elle qu’elle était belle car il émanait de son être une chose toute spéciale : l’amour. Un brasier ardent brûlait en elle et ce feu l’illuminait de l’intérieur. Ses cheveux bruns noués soigneusement en un chignon bas découvraient de jolies oreilles rondes auxquelles pendaient des gouttelettes d’argent. Les sourcils légèrement haussés pour mieux admirer le sujet de toutes ses pensées, elle penchait imperceptiblement la tête vers l’avant comme pour se rapprocher de celui qu’elle aimait. Ce regard amoureux dans ses yeux foncés lui donnait un air candide qui la faisait paraitre moins que son âge, illusion qui se trouvait renforcée par la rondeur de ses joues tout juste rosies par le froid qui n’avait pas daigné partir à l’annonce du printemps. Ses lèvres vermeilles et voluptueuses formaient un petit cœur dont on voudrait s’emparer afin de le garder avec soi pour toujours. Elle avait un petit nez droit qui esquissait une ombre se mêlant à l’harmonie des formes de son visage. Sa nuque, que sa robe austère laissait tout de même paraitre, était celle d’une femme, belle et lisse. On devinait sous ses vêtements une poitrine effacée, bien que présente, ce qui ajoutait à l’image innocente de Julie. Elle se tenait debout, comme la foule tout autour d’elle, cependant il y avait dans sa posture quelque chose de spécial, de doux, de léger, de simple et de distingué. Malgré l’absence de frivolité dans sa tenue, malgré sa tête trop ronde et sa mine trop sombre, ses voisins ne pouvaient s’empêcher d’observer à la dérobée cette demoiselle qui ne les remarquait pas, toute obnubilée qu’elle était par son comte d’Aiglemont.
Durant toute la parade, elle ne cilla pas, restant immobile et les yeux grands ouverts. C’est tout juste si une femme présente ne la vit cligner des yeux une fois l’officier Victor disparu de son champ de vision. Un seul mouvement de ses longs cils noirs qui prouvait qu’elle vivait.
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